Une reconnaissance aérienne guidée par le spatial

Ils ressemblent à des maquettes télécommandées, mais ces petits avions sont en fait bien plus complexes et utilisent des technologies spatiales.

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MAVinci
Inspection d’un MAV (Micro-Air Vehicle) de la société MAVinci avant son envol. Ces petits avions sont en fait des appareils de reconnaissance aérienne qui bénéficient de plusieurs technologies spatiales.
Crédit : MAVinci/mise en page Enjoy Space

L’Agence Spatiale Européenne (ESA) a depuis longtemps initié un programme destiné à favoriser les transferts de technologies issues de l’astronautique. À cet effet, il existe même des incubateurs pour jeunes entreprises, comme le Business Incubation Centre à Darmstadt en Allemagne, qui aident les investisseurs à réaliser leurs projets basés sur des applications spatiales.

Petits mais efficaces !
La start-up allemande MAVinci a bénéficié de ce type de structure au sein du programme de l’ESA. Dans MAVinci, MAV signifie Micro-Air Vehicles, des drones aériens de petite taille qui ressemble au premier coup d’oeil à des maquettes télécommandées. Mais ce que permettent ces merveilles de technologie va plus loin que l’aéromodélisme de loisir. MAVinci veut développer une nouvelle approche de la reconnaissance aérienne jusqu’à maintenant essentiellement accomplie avec des avions conventionnels, entendez par là avec des pilotes et des opérateurs à bord. Grâce à ces MAV d’une envergure de moins de 2 mètres, la jeune société propose une prestation aussi rapide et flexible qu’économique, capable de récolter des images de qualité. Les photographies aériennes réalisées de cette façon permettent, entre autres, de surveiller des zones sensibles ou de rapidement faire un inventaire précis des dégâts après une catastrophe naturelle. On pense par exemple au repérage des routes toujours praticables, une information extrêmement précieuse pour les secours. En bref, les microdrones de MAVinci sont aussi petits qu’efficaces !

MAVinci
Plan de vol d’un microdrone MAVinci. La ligne verte identifie le parcours de l’avion tandis que les rectangles bleus montrent les différents clichés qui seront réalisés.
Crédit : MAVinci

Pour le pilotage à distance, l’ESA a fourni son expertise des systèmes de navigation par satellite (GPS) afin que les avions télécommandés suivent bien le parcours déterminé à l’avance. Mais l’intervention de l’agence européenne ne s’arrête pas là. Pour maintenir sa position sur orbite, un satellite utilise des repères comme la position des étoiles, celle du Soleil ou de la Terre. Cette logique de navigation a été transposée à la flotte aérienne de MAVinci avec cependant des repères différents comme le champ magnétique local. Il en a été de même pour l'optimisation des images récoltées. Le spatial possède une forte expérience dans le domaine de l’imagerie où plusieurs clichés détaillés sont souvent assemblés en mosaïque en vue de produire une photographie qui couvre une large zone.

MAVinci
Lors d’un vol de reconnaissance, un MAV acquiert des clichés qui, une fois assemblés, donnent une vue d’ensemble de la zone étudiée. L’assemblage et la calibration des photographies font appel aux mêmes procédures et astuces que celles utilisées pour les images satellites.
Crédit : MAVinci/mise en page Enjoy Space

Cette opération, qui ressemble à la construction d’un puzzle, exige par exemple de savoir précisément où tel cliché a été réalisé afin de ne pas se tromper sur son emplacement dans la mosaïque finale, sans oublier tout un travail de calibration des caméras afin que les données recueillies soient pertinentes et exploitables. Les informations glanées par les petits avions de MAVinci bénéficient aussi de ce véritable «art» directement issu du spatial.

Publié le 2 septembre 2010

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