Succès pour la première Soyouz guyanaise
La mythique fusée russe a décollé du Centre Spatial Guyanais pour la première fois le vendredi 21 octobre. Elle a placé sur orbite avec succès deux satellites du système européen de navigation Galileo.
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La première fusée Soyouz guyanaise (version dite 2.1b) sur son pas de tir ELS (Ensemble de Lancement Soyouz), quelques minutes avant son envol. Crédit : Arianespace |
Ce vendredi 21 octobre à 7h30 du matin heure locale de Guyane, une Soyouz russe a quitté pour la première fois le sol européen, s’élançant du CSG (Centre Spatial Guyanais). Pour cet événement, la mythique fusée marquait aussi le 1.777ème lancement de sa carrière, un chiffre qui à lui seul montre l’incroyable héritage de cet engin qui, dans de précédentes versions, signa l’envoi du premier satellite (Spoutnik) ou du premier homme dans l’espace (Youri Gagarine).
Ce dossier Enjoy Space vous explique pourquoi ce décollage peut véritablement être qualifié d’historique.
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Il est 7h30 du matin en Guyane (passée de 26 secondes exactement comme prévu), lorsque Soyouz quitte son pas de tir. Crédit : ESA/Stéphane Corvaja |
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Envol historique : pour la première fois, la fusée russe s’élance depuis le sol européen. Crédit : ESA/Stéphane Corvaja |
«Malgré la pluie»
De plus, le suspens n’était pas absent ! Le jeudi 20 octobre, date initialement prévue pour l’envol, un imprévu a surgi pendant le remplissage du troisième étage. Lors d’une conférence de presse, Jean-Yves Le Gall, PDG d’Arianespace (qui commercialise les lancements sur Ariane 5 au CSG, mais aussi sur Soyouz avec la société russo-européenne Starsem) a précisé que le problème ne venait pas de la fusée. En fait, une valve défectueuse a débranché prématurément le système qui remplit en kérosène et oxygène liquide (le carburant et le comburant qui alimentent les moteurs) le troisième étage. La panne provenait donc de l’infrastructure au sol. La valve a été changée et la mission a du coup pu être reprogrammée dès le lendemain 21 octobre.
Lors du compte à rebours, il n’a échappé à personne que la météo n’était guère au beau fixe. Et pourtant, quelques minutes avant le décollage, les commentateurs du direct d’Arianespace ont précisé que «malgré la pluie», le paramètre météo était toujours «au vert». De plus, pour les Russes, la pluie est vue comme un signe favorable !
Ci-dessous, la vidéo du décollage.
La Cité de l’espace, le parc de l’aventure spatiale toulousain, a organisé pour l’occasion une retransmission du direct vidéo dans sa salle IMAX qui a remporté un vif succès.
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Retransmission sur le grand écran de la salle IMAX de la Cité de l’espace du décollage de la première Soyouz guyanaise. Crédit : Cité de l’espace |
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Kevin (premier plan à droite), le 4 millionième visiteur de la Cité de l’espace (voir cet article) était venu assister au direct de la salle IMAX, accompagné de sa sœur et sa mère, avec l’astronaute français Jean-Jacques Favier (derrière lui). Crédit : Cité de l’espace |
Une étape cruciale pour Galileo
Cette mission dite VS01, pour Vol Soyouz 01 (01 pour la Soyouz n°1 depuis le CSG), s’avère doublement importante pour l’Europe. Premièrement, car VS01 marque la consécration de la volonté d’accueillir Soyouz en Guyane afin de proposer une offre de lancement unique au monde proche de l’équateur (la Soyouz s’occupant du marché des masses «moyennes» à placer sur orbite, l’européenne Ariane 5 se focalisant sur le «lourd» et la future Vega européenne visant le secteur «léger»). Deuxièmement, VS01 avait pour but d’envoyer à 23.222 km d’altitude deux satellites IOV, pour In Orbit Validation qui, comme leur nom l’indique, vont valider le système de navigation Galileo, le «GPS européen». D’ailleurs, ces deux IOV feront même partie de la constellation de 30 satellites actifs qui sera mise en place progressivement et qui donnera à l’Europe son indépendance dans le domaine de la navigation par satellites.
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Illustration montrant les deux satellites IOV sur orbite. Ils préfigurent le futur système de navigation européen Galileo. Crédit : ESA |
Ce vol historique aura au final duré presque 4 heures, car si la fusée a atteint l’orbite terrestre en environ 9 minutes, elle a alors «libéré» un étage propulsif supplémentaire appelé Fregat chargé d’amener les deux satellites IOV au 23.222 km d’altitude visés (les satellites de navigation opèrent sur de telles orbites). Ainsi, 3 heures et 49 minutes après le décollage, on apprenait la séparation réussie de la précieuse charge utile. Mission accomplie pour VS01 !
Publié le 21 octobre 2011