SMOS va surveiller le cycle de l’eau
Un satellite de l’ESA doit permettre de mesurer depuis l’espace l’humidité des sols et la salinité des océans.
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Image d’artiste montrant SMOS sur orbite autour de la Terre. Pour mesurer l’humidité des sols et la salinité des océans, le satellite utilise un radiomètre en forme d’étoile à 3 branches qui effectuera ses mesures dans le domaine des micro-ondes. Déployée, cette «étoile» présente un diamètre de 8 m. Crédit : ESA - AOES Medialab |
Grâce au spatial, la surveillance de notre planète progresse tous les jours, notamment en ce qui concerne ses équilibres les plus délicats comme le climat (voir ce dossier Enjoy Space). Dans cette logique, SMOS de l’Agence Spatiale Européenne est une pierre de plus à un véritable édifice satellitaire visant à obtenir un «bulletin de santé» de la Terre de plus en plus précis.
Humidité et salinité
SMOS, qui signifie Soil Moisture and Ocean Salinity, va donc mesurer depuis l’orbite l’humidité des sols (le Soil Moisture de son nom) et la salinité des océans (Ocean Salinity). Il s’agit là de deux informations fondamentales pour modéliser le temps et le climat, et seul un satellite peut en donner une cartographie globale.
L’humidité superficielle des sols joue ainsi un rôle majeur au sein du cycle de l’eau, car évaporations, infiltrations ou écoulements en dépendent directement. C’est un indicateur de premier plan des échanges d’énergie entre la surface de notre planète et son atmosphère. Les données à venir de SMOS permettront essentiellement des prévisions météo plus fiables, mais aussi une meilleure gestion des ressources en eau pour les pays qui en manquent.
La salinité de l’océan concernera plutôt les modèles climatiques. L’amélioration de ces derniers peut carrément nous aider à mieux assurer l’avenir de notre propre civilisation. La salinité agit en effet directement sur ce qu’on appelle le phénomène de «tapis roulant» ou circulation thermohaline. L’évaporation augmente la salinité de l’eau de mer et donc sa densité. Cette eau plus dense s’enfonce alors plus profondément avant de remonter à la surface, ce qui crée un ensemble de courants qui transportent de la chaleur vers les hautes latitudes (par exemple l’Atlantique Nord). Sans ce «tapis roulant», le climat de notre planète serait fort différent. Une hypothèse exploitée de façon spectaculaire (et forcément simplificatrice) dans le film-catastrophe Le Jour d’Après de Roland Emmerich qui était sorti sur les écrans en 2004. Plus immédiatement, les relevés de salinité (précis à 0,1g de sel par litre d’eau !) par SMOS intéresseront au plus haut point les navigateurs ou les pêcheurs grâce une cartographie plus fiable et plus précise des courants.
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L’équipe chargée de la campagne de lancement des satellites SMOS et Proba-2 de l’ESA pose devant le lanceur Rockot à Plesetsk, Russie. Crédit : ESA/Stéphane Corvaja |
Le lancement en direct sur le site de l’ESA
SMOS sera placé sur une orbite passant par les pôles à 755 km d’altitude par une fusée Rockot (un ancien missile reconverti en lanceur) de la société Eurockot depuis le cosmodrome de Plesetsk, au nord de la Russie. Il s’envolera en compagnie d’un autre satellite de l’ESA, Proba 2, chargé de tester 17 nouvelles technologies tout en observant le Soleil et l’environnement plasmique. Ce double lancement est prévu pour le lundi 2 novembre à 1h50 du matin TU (2h50, heure de Paris). Une retransmission vidéo de l’Agence Spatiale Européenne débutera 30 minutes avant sur cette page.
Mise à jour : lancement réussi.
Communiqués sur le site de l'ESA et du CNES.
Publié le 30 octobre 2009