Sauvetage sur orbite
Palapa D a été placé sur une mauvaise orbite, mais pourrait toutefois être sauvé comme d’autres satellites.
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Le satellite Palapa D. Placé sur une mauvaise orbite par une fusée chinoise, son constructeur Thales Alenia Space estime possible de le sauver. Crédit : Thales Alenia Space |
Lancé le 31 août par une fusée Longue Marche 3B depuis la base de Xichang en Chine, le satellite de télécommunications Palapa D de la firme indonésienne Indosat devrait bientôt faire l’objet d’un véritable sauvetage sur orbite ! En effet, alors que le premier et le deuxième étage du lanceur chinois ont fonctionné normalement, une défaillance de la propulsion du troisième étage a empêché Palapa D d’atteindre l’orbite de transfert géostationnaire voulue. Cette orbite un peu particulière est proche de la Terre à un point donné et très éloignée à un autre. C’est de ce dernier point qu'un satellite peut normalement utiliser ses moteurs de manoeuvre afin de rejoindre l’orbite géostationnaire à 36 000 km d’altitude au niveau de l’équateur : là-haut, il tournera autour de la Terre en une journée et paraîtra ainsi immobile depuis le sol.
Un sauvetage possible qui s’appuie sur des précédents
Construit par Thales Alenia Space, Palapa D doit remplacer son prédécesseur Palapa C2 et assurer des relais de communications pour l'Indonésie et une partie de l’Asie. Les enjeux économiques sont donc considérables. Or, peu de temps après le lancement, plusieurs médias ont annoncé que le satellite était probablement inutilisable en raison de son orbite trop basse avant qu’un communiqué de son constructeur confirme qu’une opération de récupération serait tentée. Mais est-ce seulement possible ?
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Pour rejoindre l’orbite géostationnaire, HGS-1 (anciennement AsiaSat 3) survola la Lune à deux reprises à 6 200 km de distance. Il devenait de fait le premier engin spatial privé à s’approcher aussi près de notre satellite naturel. Crédit : Hughes/Boeing |
L’histoire spatiale permet de répondre par l’affirmative. Ainsi, en 1997, une fusée russe Proton envoya le satellite de télécommunications AsiaSat 3 sur une orbite dégradée incompatible avec sa mission. Déclaré perdu par ses assureurs, sa propriété fut même transférée à une filiale de son constructeur, Hughes Global Services et rebaptisé HGS-1 (les initiales de cette firme). Mais à une condition toutefois : partager les bénéfices de son exploitation future si l’entreprise américaine parvenait à le rendre à nouveau opérationnel. Et pour y arriver, les ingénieurs n’hésitèrent pas à hausser peu à peu son apogée (le point le plus haut de son orbite) jusqu’à ce qu’il passe à seulement 6 200 km de la Lune en mai 1998. Un autre survol lunaire le même mois modifia le trajet du satellite au point où il devint possible de le placer sur son orbite géostationnaire de travail. Certes, les manoeuvres utilisèrent une grande partie des réserves de carburant dévolues aux moteurs d’orientation, ce qui limitait sa durée de vie potentielle, mais HGS-1 pouvait désormais rapporter de l’argent. Il fut d’ailleurs vendu à la firme de télécommunication PanAmSat et renommé PAS 22.
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Artemis : un satellite de l’Agence Spatiale Européenne sauvé d’une orbite trop basse incompatible avec sa mission. Crédit : ESA/J. Huart |
Ce n’est bien évidemment pas le seul exemple et, plus récemment, on peut citer le cas du satellite européen Artemis (Advanced Relay and TEchnology MISsion), destiné à tester de nouvelles technologies comme la propulsion ionique et la communication par faisceau laser. Le 12 juillet 2001, le lanceur Ariane 5 le plaça sur une orbite dont le point le plus haut n’excédait pas 17 000 km au lieu des 36 000 km visés pour l’orbite géostationnaire. Patiemment, en utilisant ses différents petits propulseurs, les contrôleurs du satellite l’amenèrent à poste en janvier 2003.
La tentative de sauvetage annoncée par la firme Thales Alenia Space repose donc sur des précédents concrets. Les jours puis les mois qui vont suivre seront décisifs pour l’avenir de Palapa D.
Publié le 3 septembre 2009