Obama précise sa politique spatiale
Un document de la Maison-Blanche apporte des précisions sur le plan spatial du président des États-Unis.
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Lors d’un discours au centre spatial Kennedy le 15 avril 2010, le président Barack Obama avait tenté d’amoindrir les réactions négatives suscitées par l’arrêt du programme Constellation en annonçant des missions habitées vers un astéroïde pour 2025, puis en désignant Mars comme objectif à long terme. Crédit : NASA/Jim Grossmann |
En début d’année 2010, l’annulation du programme Constellation signait un coup d’arrêt brutal au retour vers la Lune initié par George W. Bush, le prédécesseur de Barack Obama à la tête de l’exécutif américain. Plusieurs élus du Congrès, ainsi que des astronautes au rang desquels on compte Neil Armstrong, le premier marcheur lunaire, se sont alors opposés à une politique jugée par eux dévastatrice pour l’avenir du programme spatial des États-Unis.
Des précisions, mais pas de révolution
Pourtant, le budget de la NASA proposé par la Maison-Blanche était en hausse et établissait des objectifs à long terme. Cependant, les opposants à cette nouvelle orientation fustigeaient un flou programmatique et le transfert au secteur privé de l’envoi des astronautes sur orbite basse (c’est-à-dire essentiellement vers la Station Spatiale Internationale dans le cadre actuel) alors qu’aucune société n’avait fait la démonstration de ses capacités dans ce domaine. Le 15 avril, le président Barack Obama tenta de calmer le mécontentement lors d’un discours très attendu au centre spatial Kennedy en Floride. Néanmoins, l’annonce d’une mission habitée vers un astéroïde pour 2025 et d’un vol autour de Mars par la suite n'engrangea que des réactions au mieux mitigées auprès des détracteurs. Avec un nouveau document de 14 pages rendu public le 28 juin, la Maison-Blanche espère visiblement atténuer l’idée selon laquelle Barack Obama «casserait» le programme spatial américain. Il est vrai que le texte souligne, souvent avec emphase, l’importance de l’astronautique pour les États-Unis qui s’affirment au passage comme étant la «leading space-faring nation» (qu’on peut traduire par nation à la tête de l’élan spatial). Mais il y a fort à parier que ce «National Space Policy of the United States of America» ne satisfera pas ceux qui n’admettent pas l’annulation du retour vers la Lune ou le fait que leur pays se retrouve après l’arrêt des navettes sans autonomie pour les vols habités (les astronautes américains dépendront des Russes pour rejoindre l’ISS).
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| En 14 pages, le document «National Space Policy of the United States of America», précise les orientations déjà annoncées par Barack Obama (document PDF). |
Le commerce, l’international et les débris
De fait, on ne remarque aucun aménagement flagrant des orientations présentées en février et en avril 2010 par Barack Obama. On peut même noter des contraintes supplémentaires en ce sens que le document précise le rôle du gouvernement, mais par exemple aussi celui de l'administrateur de la NASA, du secrétaire de l’énergie, du commerce ou de la défense, ou encore du directeur du renseignement national. Visiblement la Maison-Blanche entend reprendre l’initiative après la véritable levée de boucliers contre sa feuille de route spatiale (y compris dans son propre camp politique) et rappeler que c’est elle qui commande et distribue les rôles ! Le transfert des opérations spatiales courantes au secteur privé se voit ainsi affirmé. Un paragraphe précise d’ailleurs que si les prestations commerciales ne peuvent répondre aux besoins des États-Unis, alors le secteur public prendra le relais, ce qui au final donne la primauté au secteur privé. Les accords internationaux sont encouragés, même si aucune annonce précise n’est formalisée. La mission habitée vers un astéroïde reste prévue pour 2025, tandis que l’objectif martien de la moitié de la décennie 2030 se limite à envoyer des astronautes orbiter autour de la planète rouge (pas d’atterrissage donc) puis à revenir sur Terre.
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Des astronautes américains sur un astéroïde pour 2025. Cette première reste sur l’agenda de la politique spatiale de Barack Obama. Crédit : NASA |
La continuation de l’exploration robotique du système solaire, la recherche, les observatoires spatiaux et l’étude de notre planète depuis l’orbite sont bien évidemment toujours cités comme essentiels, mais on remarque toutefois une insistance nouvelle sur le problème des débris. Qu’il s’agisse de morceaux de lanceurs, de satellites à la dérive ou de débris issus de collisions, la banlieue terrestre est aujourd’hui victime d’une véritable pollution qui gêne l’activité spatiale. Le document du 28 juin affirme à plusieurs reprises qu’il est indispensable de prendre toutes les mesures nécessaires pour résoudre ce problème, rappelant que «toutes les nations ont le droit d’explorer et d’utiliser l’espace, mais qu’avec ce droit vient aussi une responsabilité».
Publié le 29 juin 2010