Navettes : baisse des prix !

Où seront exposées les 3 navettes de la NASA après l’arrêt des vols ? On en sait désormais un peu plus. Et ce sera moins cher que prévu...

Bookmark and Share

 

STS-130 launchpad
Endeavour sur son pas de tir en Floride. La navette doit décoller le 7 février prochain pour accomplir la mission STS-130. Y compris celui-ci, il ne reste plus que 5 vols programmés pour les avions spatiaux de la NASA. Le dernier est prévu en septembre 2010.
Crédit : NASA/Amanda Diller

En 2008, il a été demandé à la NASA de réfléchir à ce que deviendraient les navettes Discovery, Atlantis et Endeavour une fois leurs vols achevés fin 2010 et de soumettre un projet complet au Congrès américain.

Discovery partira à Washington DC

Dans cette logique, l’agence américaine a mis sur pied dès décembre 2008 une consultation en vue de répertorier les musées ou institutions «appropriés» (nous citons) qui seraient prêts à accueillir un de ses avions spatiaux afin de l’exposer au grand public. Il est clair que la NASA n’entend pas vendre aux enchères des engins considérés à juste titre comme des symboles de l’histoire spatiale des États-Unis (voire de son histoire tout court). Les collectionneurs milliardaires peuvent donc passer leur chemin, car les prétendants doivent notamment décrire comment la navette s’inscrira au coeur d’un projet visant à présenter cette page des vols habités et sensibiliser le public américain à son programme spatial. De toute évidence, un simple hangar avec un ticket d’entrée ne répondra pas aux exigences de la NASA qui souhaite pour ses navettes une retraite digne associée à une muséographie de haut niveau.

Enterprise - NASM
Le Air and Space Museum de Washington DC héberge Enterprise qui n’est jamais allée dans l’espace et a servi à tester le comportement des navettes lors de la phase de vol plané. Discovery devant être exposée dans ce musée, certains spéculent qu’Entreprise pourrait être prêtée à une autre institution.
Crédit : Smithsonian Institution

Très vite, il a été précisé que le Air and Space Museum de Washington DC recevrait d’office une des navettes. Vendredi dernier, un nouveau document confirmait officiellement que la capitale accueillerait Discovery, la doyenne de la flotte actuelle. Il est à noter que l’Air and Space Museum, administré par la Smithsonian Institution financée et gérée par le gouvernement américain, héberge déjà Enterprise, une navette qui n’est jamais allée dans l’espace, mais a servi à mener de vols d’essai atmosphériques.

De 42 millions de dollars à 28,8 !
À ce jour une vingtaine d’institutions et musées (hormis le Air and Space précédemment cité) se sont officiellement portés candidats. Un nombre relativement important au regard du strict cahier des charges édicté par la NASA. Il est ainsi hors de question de laisser les navettes à l’air libre. Une enceinte close, à l’hygrométrie (taux d’humidité) et à la température contrôlées, fait partie des prérequis.

Museum Projects
Quelques musées ont rendu public leur projet pour accueillir une navette. Ici, le dôme transparent prévu par l’Intrepid Sea Air and Space Museum à New York (en haut) ou encore, plus classique, le hangar du National Museum of the Air Force à Dayton (Ohio).
Crédit : DR

Il faut aussi s’acquitter d’un chèque de 42 millions de dollars afin de payer à l’agence le «nettoyage» de l’avion spatial en vue de le débarrasser de tous les éléments dangereux (résidus de carburant, charges pyrotechniques, etc.). Cette somme comprend l’acheminement de la navette à dos de 747 vers l’aéroport le plus proche (prévoir une piste de 3 km). En revanche, le coût du transport de l’aéroport vers le lieu d’exposition reste intégralement à la charge de l’institution ou du musée sélectionné... Toutefois, le prix demandé par la NASA a connu vendredi dernier une baisse spectaculaire puisque dans le nouveau document déjà évoqué (lien dans la section «En savoir +»), les frais de préparation et de livraison à l’aéroport le plus proche ont été ramenés de 42 à 28,8 millions de dollars. Une diminution de la facture de 13,2 millions de dollars ou encore un rabais d’un peu plus de 30 % ! Certains éditorialistes américains n’ont d’ailleurs pas hésité à parler d’un effet de plus de la crise économique. Surtout, l’agence rappelle que ceux qui seront retenus devront apporter la preuve qu’ils disposeront de la totalité des fonds nécessaires à l’accueil d’une navette tel qu’ils le décrivent dans leur acte de candidature. Une précaution indispensable, car on imagine sans mal l’embarras de toute la nation si un de ses fleurons spatiaux se retrouvait au coeur d’un hall d’exposition incomplet faute de crédits suffisants.

Explorer - Visitor Complex KSC
Le Visitor Complex du centre spatial Kennedy en Floride possède une réplique à l’échelle 1, baptisée Explorer. Toutefois, on imagine mal le port d’envol des navettes ne pas disposer d’un exemplaire authentique. La NASA entend livrer la première navette à un musée d’ici décembre 2011.
Crédit : Marie Ange Sanguy

Ce nouvel appel à candidature du 15 janvier a lancé, on s’en doute, un flot de spéculations : les projets reçus lors du précédent appel seraient-ils décevants au point de nécessiter un «second tour» ? Plus simplement, on peut aussi estimer que la révision du prix de mise à disposition oblige l’agence à relancer toute la procédure pour des raisons légales. Les pronostics vont aussi bon train pour les lieux où seront exposées les navettes. Discovery «atterrira» certes à Washington, mais quid d’Atlantis et Endeavour ? On voit mal le Visitor Complex du centre spatial Kennedy en Floride, point d’envol vers l’orbite de toutes les navettes, ne pas avoir son propre exemplaire authentique (le Visitor Complex dispose déjà d’une navette... mais factice !). Reste donc la troisième pour laquelle les jeux sont loin d’être faits.

Publié le 18 janvier 2010

Bookmark and Share

 

Dossiers

  • Où sont donc passés les extraterrestres ?

    Il n’y a pas si longtemps, les astronomes théorisaient la vie sur pratiquement toutes les planètes du système solaire alors qu’aujourd’hui on envisage parfois la Terre comme l’unique oasis du vivant... ET aurait-il disparu entre temps ?

  • L’essor du New Space

    Depuis quelques années, des entrepreneurs ambitionnent de développer une nouvelle approche du spatial et visent une réduction des coûts de lancement. Le secteur privé révolutionnera-t-il les vols habités ?

  • Le Venture Star d’Avatar

    Le vaisseau spatial du film de James Cameron est bien moins fantaisiste qu’en apparence et aborde même de façon plausible plusieurs problèmes posés par les voyages interstellaires.