Le satellite prendra-t-il le volant ?
Le GPS nous dit déjà comment aller à un endroit déterminé. À l’avenir, il pourrait bien jouer un rôle croissant dans le domaine de la sécurité routière.
 |
Les aides à la navigation automobile actuelles utilisent le GPS qui repose sur une constellation d’une trentaine de satellites NAVSTAR (Navigation Satellite Timing And Ranging) placés sur des orbites à 20 000 km d’altitude. L’Europe prépare son propre système dénommé Galileo (à gauche : image d’artiste d’un satellite Galileo). Crédit : ESA - J. Huart - P. Sebirot |
Le positionnement par satellite s’est très rapidement invité dans les voitures, grâce à des appareils d’aide à la navigation qui utilisent le signal GPS. Aujourd’hui, plus personne ne s’étonne d’entendre une voix informatique prononcer «tournez à gauche» pour guider un conducteur qui se rend vers une nouvelle destination.
De la carte routière à la sécurité
Le satellite prend ainsi la place de la carte routière en y ajoutant un suivi en temps réel et des instructions déclamées en conséquence. Les récepteurs GPS portent d’ailleurs bien leur nom, car ils ne font que recevoir les signaux émis par une trentaine de satellites qui tournent au-dessus de nos têtes à quelque 20 000 km d’altitude. La position est calculée à partir du décalage constaté entre l’heure d’émission du signal par plusieurs satellites (au moins 3) et son arrivée au récepteur GPS. Il n’y a donc pas de «Big Brother» orbital à craindre puisque les satellites n’obtiennent aucune information de la part du récepteur GPS. Pourtant, cela pourrait s’avérer très utile en cas d’urgence, car les victimes d’accident de la route sont parfois incapables de décrire avec précision où elles se trouvent lorsqu’elles appellent les secours, sans parler des cas où elles ne peuvent plus le faire tant elles sont blessées.
L’Union Européenne avec l’Agence Spatiale Européenne prépare sa propre infrastructure civile de navigation par satellite : Galileo (le GPS actuel est américain et contrôlé par l’armée). Le but est d’aller plus loin en intégrant au système une capacité de réception de signaux de détresse. On imagine alors que les voitures seront équipées d’un dispositif de géolocalisation par satellite capable d’émettre la position du véhicule à la demande du conducteur si celui-ci se juge dans une situation exigeant l’arrivée de secours. Disposant de coordonnées très précises (Galileo devrait être exact à 50 cm près !), l’action des services compétents gagnera en efficacité et rapidité. Certains réfléchissent même à une possibilité de déclenchement automatique en cas de choc sévère, un peu à l’image des airbags. Le cas typique (mais ce n’est bien évident pas le seul) est celui d’un automobiliste effectuant une sortie de route sur un axe de circulation peu fréquenté et qui perd connaissance. Un tel système peut lui sauver la vie.
 |
Illustration montrant la constellation de satellites européens Galileo. Crédit : ESA - J. Huart |
Et le satellite vous dit : «levez le pied» !
Émettre la position d’un véhicule relevé par un récepteur GPS (ou Galileo dans le futur) a d’ailleurs déjà des applications concrètes. De nombreuses sociétés de transport suivent ainsi les déplacements de leur flotte de camions par ce biais. Toutefois, le retour de la localisation ne se fait pas par satellite, mais par les réseaux de téléphonie mobile. Cet état temps réel permet par exemple de gérer au mieux les itinéraires de livraison et d’aboutir à de sérieuses économies de carburant (et au passage réduire aussi l’émission de gaz polluants). Peut-on aller plus loin et envisager que le satellite prenne carrément le volant pour optimiser les trajets et éviter les accidents ? En fait, le chemin vers la voiture pilotée par ordinateur s’avère particulièrement complexe tant les données à intégrer sont nombreuses. Le satellite ne suffira donc pas. En revanche, avec une finesse de l’ordre du mètre, Galileo pourra déjà indiquer à un conducteur la limite de vitesse à respecter sur la portion de route qu’il utilise. Si les satellites ne prennent pas le volant, ils pourraient très bientôt vous demander de lever le pied de l'accélérateur...
Publié le 27 août 2009