Le Japon s’envole vers Vénus

La sonde Akatsuki signe la première mission japonaise vers la soeur de la Terre.

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Akatsuki - launch - lancement - H-IIA
Décollage de lanceur H-IIA le 20 mai (le 21 mai à 6h58 du matin au Japon). La fusée japonaise a placé avec succès sur orbite la sonde Akatsuki et la voile solaire Ikaros.
Crédit : JAXA

Si deux planètes se ressemblent dans le système solaire, ce sont bien la Terre et Vénus. Toutes deux telluriques (essentiellement rocheuses et dotées d’une surface solide, Mercure et Mars sont également des planètes de type tellurique), elles présentent un diamètre comparable : 12.102 km pour Vénus et 12.756 km pour la Terre. En revanche, le climat de celle qu’on appelle aussi l’étoile du Berger s’apparente à un enfer avec une température à la surface de 460 °C !

Une machine climatique emballée
Grâce à plusieurs missions robotiques, l’exploration spatiale a permis de dresser un portrait précis de cette planète soumise à un emballement de sa machine climatique en raison d’une atmosphère saturée en CO2 et qui explique un effet de serre aux conséquences extrêmes. En 2006, la sonde européenne Venus Express se plaçait sur orbite autour de la soeur de la Terre et signait un renouveau de l’exploration vénusienne, car la précédente mission remontait à 1989 avec la sonde américaine Magellan lancée par la navette Atlantis. La mission de Magellan s’étant achevée en 1994, cela faisait 12 ans que Vénus n’était plus scrutée par une sonde spatiale ! Avec le lancement réussi d’Akatsuki («aube» en japonais) le 20 mai, le Japon se tourne à son tour vers la deuxième planète du système solaire, et ce pour la première fois. La vidéo de l’agence spatiale japonaise JAXA ci-dessous expose les objectifs de cette mission.



Les scientifiques du pays du Soleil Levant s’intéressent de toute évidence à son climat comme l’indique l’autre nom de la sonde : Venus Climate Orbiter. Cet engin de 640 kg doit arriver à destination en décembre 2010 et est équipé de 5 caméras qui travaillent dans l’infrarouge et l’ultraviolet. Ceci va littéralement autoriser une étude de l’atmosphère vénusienne par «tranches» car chaque longueur d’onde permet d’explorer différentes altitudes ou phénomènes. On remarquera ainsi qu’une des caméras cherchera à confirmer si un phénomène de foudre comparable à celui qui se déroule couramment sur Terre a bien lieu sur Vénus. Autre incertitude qu’Akatsuki compte étudier : un volcanisme qui pourrait être toujours actif. Un sujet récemment relancé par les données de Venus Express (voir cet article). Une caméra infrarouge de l’explorateur robotique nippon a d’ailleurs été conçue dans ce sens. Enfin, un sixième instrument mesurera les températures qui règnent à différentes altitudes dans l'atmosphère vénusienne grâce aux ondes radio. En effet, les ondes émises par la sonde seront reçues sur Terre après qu’elles aient traversé l’atmosphère de Vénus : l'altération du signal indiquera les températures rencontrées.

Akatsuki - Venus
Akatsuki (illustration) : avec cette sonde, le Japon va pour la première fois étudier Vénus depuis son orbite. L’arrivée est prévue pour le mois de décembre de cette année.
Crédit : JAXA

Une voile solaire invitée au lancement
Le lanceur H-IIA qui a quitté le centre spatial de Tanegashima le 20 mai dernier n’emportait pas que la sonde Akatsuki. Une voile solaire était en quelque sorte «invitée» afin de tester ce principe de propulsion où les photons émis par le Soleil percutent une large surface (les voiles), ce qui en retour fournit une poussée. Cet engin expérimental, baptisé Ikaros (une allusion à Icare mais aussi à l’acronyme d’Interplanetary Kite-craft Accelerated by Radiation Of the Sun) consiste en une voile carrée de 20 m de diagonale qui se déploiera d’ici quelques semaines par la seule force centrifuge puisque le dispositif tourne sur lui-même. L’objectif de la JAXA s’avère ambitieux : les contrôleurs d’Ikaros espèrent atteindre Vénus au bout de 6 mois.

Ikaros - voile solaire - solar sail
La voile solaire Ikaros (illustration). Pour l’agence japonaise, cet engin expérimental va permettre de tester ce principe innovant de propulsion.
Crédit : JAXA

Une deuxième voile solaire est même prévue vers la fin de la décennie 2010. D’un diamètre de 50 m, elle viserait cette fois-ci l’exploration de Jupiter. Mais après tout, quoi de plus logique pour le pays du Soleil Levant que d’étudier les possibilités de tels «voiliers solaires» ?

Publié le 21 mai 2010

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