La Station surveille une mystérieuse étoile
L’Expédition 24 de l’ISS participe à la surveillance d’un soleil lointain dont le comportement intrigue les astronomes depuis presque 200 ans.
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À 400 km d’altitude, la Station Spatiale Internationale bénéficie en ce moment d’un angle favorable pour observer Epsilon Aurigae et participe à ce titre à un effort mondial pour tenter de comprendre cette mystérieuse étoile. Crédit : NASA |
En apparence, Epsilon Aurigae est une étoile banale de magnitude 2,92 (la limite de perception à l’oeil nu est 6 et l’échelle est «inversée» : plus le chiffre est petit et plus l’astre est brillant) dans la constellation du Cocher. En réalité, il s’agit d’un soleil plus grand que le nôtre, distant de 2.000 années-lumière, et dont la luminosité baisse pendant 640 à 730 jours selon un cycle de 27,1 ans.
Un mystère depuis 1821
Le comportement étrange d’Epsilon Aurigae a été remarqué par l’astronome allemand Johann Fritsch en 1821. Et depuis cette date, aucune théorie satisfaisante n’est réellement parvenue à rendre compte d’une baisse d’éclat de la magnitude 2,92 à 3,83 pendant presque 2 ans tous les 27 ans. De plus, lors de la période de moindre luminosité, on constate un bref sursaut d’éclat : un véritable puzzle. L’explication la plus couramment admise implique une étoile géante, 20 fois plus massive que notre Soleil et 300 fois plus grande, autour de laquelle orbite une paire d’étoiles plus petites entourées d’un vaste disque de poussière. C’est ce dernier qui causerait la baisse de luminosité d’Epsilon Aurigae lorsqu’il se trouve entre nous et l’étoile géante.
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Illustration montrant une des théories en vogue pour expliquer les baisses cycliques de luminosité d’Epsilon Aurigae : une étoile plus petite entourée d’un disque de poussière tournerait autour du soleil géant et l’occulterait tous les 27,1 ans. Crédit : NASA/JPL-Caltech/R. Hurt (SSC/Caltech) |
Une campagne d’observation internationale
Mais en janvier 2010, les résultats d’une étude menée avec le télescope spatial infrarouge Spitzer de la NASA favorisaient un étoile principale plus petite et une seule étoile secondaire entourée d’un disque de poussières. Pour tenter de résoudre cette énigme vieille de presque 2 siècles, une campagne d’observation internationale a été lancée par l’AAVSO (American Association of Variable Stars Observers), une association américaine qui regroupe des astronomes amateurs qui surveillent les étoiles variables. Ceci, car depuis août 2009, la période où la magnitude d’Epsilon Aurigae baisse a débuté et on espère saisir le moment du bref sursaut qui survient généralement au milieu de «l’éclipse». Grâce à une recommandation de l’astronaute John Grunsfeld (5 missions de navette, dont 3 vers Hubble), la Station Spatiale Internationale participe à cet effort mondial. Les occupants de l’ISS regarderont donc Epsilon Aurigae et compareront son éclat à celui de 3 autres étoiles proches et dont la luminosité est constante.
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L’équipage de l’Expédition 24 qui va participer à la campagne d’observation. Premier rang de gauche à droite : L’Américaine Shannon Walker, le Russe Fyodor Yurchikhin et l'Américain Douglas Wheelock. Deuxième rang de gauche à droite : Les Russes Mikhail Kornienko et Alexandre Skvortsov, et l’Américaine Tracy Caldwell Dyson. Crédit : NASA |
Les valeurs notées par l’équipage de l’Expédition 24 s’ajouteront aux observations réalisées par des milliers de bénévoles à travers le monde. Un document de la NASA précise qu’en ce moment l’apport des astronautes sera significatif, car, depuis le sol, les observateurs sont actuellement gênés par la proximité du Soleil. En revanche, à 400 km d’altitude, un angle favorable existe 25 minutes à chaque orbite et il sera donc mis à profit au moins une fois par semaine.
Publié le 25 juin 2010