Le prototype du futur lanceur habité américain s’est envolé avec succès.
Ares I-X décolle du pas de tir 39B jusqu’ici dédié aux navettes. Découvrez d’autres photos de ce vol d’essai avec ce portfolio Enjoy Space. Crédit : NASA
Hier, 28 octobre, le scénario du jour d’avant semblait vouloir jouer un bis : Ares I-X était fin prêt sur son pas de tir alors que les conditions météos ne cessaient d’alterner entre le vert (conforme aux exigences fixées pour un décollage) et le rouge (violation des critères de sécurité). De fait, le rendez-vous de 8h00 du matin, heure locale de Floride, ne reçut pas le «go» et c’est finalement trois heures et demie plus tard, à 11h30 du matin, qu’Ares I-X quitta le pas de tir 39B, seulement trente minutes avant la fin de la fenêtre de lancement (le créneau horaire durant lequel l’envol est possible).
Vidéo NASA TV du lancement d’Ares I-X. Mach 1 en seulement 39 secondes Ares I-X est une sorte de maquette volante grandeur nature destinée à tester une partie des technologies qui seront appliquées au futur lanceur habité de la NASA, Ares I (voir ce dossier Enjoy Space). Ce vol n’emportait donc aucun astronaute, mais il reste historique puisque pour la première fois depuis 1981 un nouveau type d’engin s’est arraché des pas de tir dédiés aux navettes, et auparavant au programme Apollo. L’agence américaine a ainsi pu expérimenter autrement que par des simulations informatiques ou des essais en soufflerie, le domaine de vol très particulier de ce lanceur haut d’une centaine de mètres. D’ailleurs, seulement 0,1 seconde après l’allumage du premier étage — un booster à poudre identique à ceux utilisés par paire pour la navette — la tuyère de ce dernier fut orientée afin d’éloigner la fusée de sa tour de lancement. Le fait qu’Ares I-X (et plus tard Ares I) puisse se rapprocher trop près de la structure de service au début de l’envol était l’une des craintes soulevées par les opposants au programme. D’autres manoeuvres ont été accomplies avec succès comme le contrôle du roulis (le fait que lanceur tourne sur lui-même le long de son axe longitudinal). Pendant son ascension, la fusée a dépassé Mach 1 (la vitesse du son, un peu plus de 1 000 km/h) au bout de 39 secondes. Deux minutes après le décollage, le booster à poudre s’arrêta comme anticipé à une quarantaine de km d’altitude et à la vitesse maximale de Mach 4,7. La séparation entre le booster et le deuxième étage factice se déroula alors, toutefois on nota que ce dernier fut pris d’un mouvement de rotation imprévu. La NASA a précisé qu’il n’y avait pas eu collision entre les deux éléments. Si le deuxième étage a percuté l’océan Atlantique de plein fouet, le booster est lui redescendu sous parachutes et fut récupéré en pleine mer à environ 240 km à l’est des côtes de la Floride.
Un trésor de données Pour l’agence américaine, ce vol d’essai de 6 minutes est un plein succès même si certains pointent le mouvement inattendu du deuxième étage factice. Le véritable trésor de cette mission réside désormais dans les ordinateurs du centre spatial Kennedy qui ont enregistré les données fournies par plus de 700 capteurs embarqués et qui permettront de connaître en situation réelle le comportement d’un engin de ce type. L’avenir du programme Ares reste cependant suspendu à la décision que la Maison Blanche prendra début 2010 en réaction au rapport du panel d’experts sur les vols habités dit Comité Augustine. Celui-ci a souligné que si la NASA avait la capacité de faire d’Ares I un lanceur opérationnel, il lui manquait le budget adéquat pour y parvenir.
Direct EnjoySpaceTV commenté en français (la vidéo démarre 90 secondes avant le compte à rebours final de 4 minutes).
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