La fusée qui vient du web

La société privée SpaceX a annoncé son attention de tester son lanceur Falcon 9 en février prochain et ambitionne même un jour d’envoyer des astronautes sur orbite.

Bookmark and Share

 

Elon Musk - Falcon 9
Elon Musk, fortune de l’Internet et fondateur de SpaceX devant la Falcon 9 lors de son arrivée à cap Canaveral.
Crédit : SpaceX

Imaginez qu’un jeune génie de l’Internet, âgé de 38 ans, prétende convoyer des équipages de la NASA vers la Station Spatiale Internationale ? Vous penserez probablement que l’agence américaine lui répondra de prendre sa pelle et son seau et de retourner jouer aux châteaux de sable sur les plages... Il n’en est pourtant rien !

De PayPal à Falcon
Né en 1971 en Afrique du Sud, Elon Musk a mis sur pied le moyen de paiement PayPal sur Internet avant de le revendre au leader de la vente aux enchères sur le web, eBay. Après avoir révolutionné les transactions sur la toile, ce jeune entrepreneur a décidé de se lancer dans une autre aventure, celle de l’accès à l’espace en fondant en 2002 la compagnie SpaceX. Objectif affiché : diviser par 10 le coût d’un lancement ! Une ambition qui ne manqua pas de déclencher quelques sourires, surtout quand les trois premiers vols de son petit lanceur Falcon 1 se soldèrent par des échecs. Mais en septembre 2008 et juillet 2009, la fusée «low cost» de SpaceX atteignait enfin avec succès l’orbite. Depuis, la jeune firme spatiale ne fait plus rire, surtout qu’elle est désormais sous contrat avec la NASA.
SpaceX a en effet remporté l’appel d’offres très spécial du COTS, le Commercial Orbital Transportation Services. Au terme d’un accord novateur, l’agence américaine délivre des fonds au fur et à mesure qu’une entreprise franchit des étapes techniques clairement définies ; le but étant la mise au point d’un lanceur capable de desservir la Station Spatiale Internationale.

Falcon 9
La Falcon 9 de SpaceX sur son pas de tir en Floride. Une fusée venue du web...
Crédit : SpaceX

Un «Dragon» spatial
Dès lors, la NASA deviendra cliente de ce moyen de transport afin d’amener vers le complexe orbital du fret. Dans cette logique, SpaceX s’est installée sur le pas de tir SLC 40 de la Cape Canaveral Air Force Station en Floride, qui jouxte le centre spatial Kennedy. Cette fois-ci, la «petite» Falcon 1 cède la pas à la version 9 capable en théorie de placer 10 tonnes sur orbite basse. Durant ce mois de novembre, les ultimes préparatifs commenceront afin de procéder à un premier vol d’essai en février 2010 au cours duquel sera en plus évalué le comportement d’une capsule récupérable baptisée Dragon.

Dragon - SpaceX - ISS
Destinée à amener du fret vers la Station Spatiale Internationale, la capsule Dragon de SpaceX peut évoluer et devenir un vaisseau habité (illustration)
Crédit : NASA-SpaceX

Avec ce cargo orbital automatique, SpaceX pourra dans le futur non seulement livrer équipements et vivres vers l’ISS pour le compte de la NASA mais également en ramener. L’agence américaine est d’ores et déjà prête, par un contrat signé, à acheter pour 1,6 milliard de dollars de prestations de «livraison sur orbite» à la jeune société si de son côté elle s’en montre capable. SpaceX rentrerait alors sans conteste dans la cour des grands !

Dragon - preparation
Dans les ateliers de SpaceX, préparation de la capsule Dragon de démonstration qui s’envolera au sommet de la Falcon 9 en février 2010.
Crédit : SpaceX

À plus long terme, l’entreprise créée par le génie du web Elon Musk compte franchir une étape supplémentaire puisque sa capsule Dragon peut évoluer et devenir un vaisseau habité susceptible d’héberger 7 passagers. La NASA ferait ainsi appel au secteur privé pour envoyer ses astronautes vers la Station, une solution envisagée par le rapport du comité Augustine (voir cet article) récemment remis à la Maison Blanche.

Publié le 3 novembre 2009

Bookmark and Share

 

Dossiers

  • Soyouz en Guyane

    C’est la fusée mythique par excellence, celle qui a lancé Spoutnik, le premier satellite, et Gagarine, le premier homme dans l’espace. Le Centre Spatial Guyanais (CSG), est désormais l’une de ses bases de lancement : un accomplissement historique.

  • Star Trek et la NASA

    45 ans après la diffusion du premier épisode de la célèbre série de science-fiction, les aventures du capitaine Kirk et de ses coéquipiers inspirent plus que jamais l’agence américaine, ses astronautes et son personnel et plus largement les professionnels de l’espace dans le monde entier.

  • Alan Shepard, du suborbital à la Lune

    Il y a 50 ans, le 5 mai 1961, quelques semaines après Gagarine, l’Américain Alan Shepard atteignait l’espace. Quelques années plus tard, il marchera sur la Lune résumant en quelque sorte la course qui opposait l’Union Soviétique et les États-Unis.