Hubble examine Jupiter
Le 3 juin 2010, la plus grande planète du système solaire était percutée par une comète ou un astéroïde. Le télescope spatial Hubble a scruté le lieu de l’impact.
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La zone (cercle rouge) où a été constaté le flash lumineux du 3 juin a été détaillée par Hubble le 7 juin. L’absence de toute trace dans les bandes nuageuses de Jupiter montre qu’il s’agit très probablement d’un petit astéroïde qui s’est totalement consumé dans la haute atmosphère de la géante gazeuse. Crédit : NASA, ESA, M. H. Wong (University of California, Berkeley, USA), H. B. Hammel (Space Science Institute, Boulder, Colorado, USA), A. A. Simon-Miller (Goddard Space Flight Center, Greenbelt, Maryland, USA) and the Jupiter Impact Science Team. |
Ce sont deux astronomes amateurs qui ont constaté l’événement : Anthony Wesley et Christopher Go (voir cette brève Enjoy Space). Sur leurs images, ils ont enregistré un flash qui s’est produit sur Jupiter le 3 juin à 20h31 TU (Temps Universel). En juillet 2009, le même Anthony Wesley avait signalé une nouvelle marque noire sur le disque jovien et Hubble l’avait observée en détail. L’analyse de clichés réalisés par le télescope spatial a permis de déterminer qu’il s’agissait là de la «cicatrice» laissée par l’impact d’un astéroïde 500 m de largeur.
Consumé dans la haute atmosphère
Bien évidemment, l’événement constaté par les deux astronomes amateurs le 3 juin 2010 a suscité l’intérêt de la communauté scientifique et le 7 juin Hubble a de nouveau été mis à contribution afin de scruter la zone où le flash s’était produit. Mais les clichés du télescope spatial ne montrent aucune tâche ou anomalie. Déception ? Pas forcément, car désormais les astronomes disposent de données sur 3 scénarios de collisions très différents sur la plus grande planète du système solaire. Tout d’abord, les multiples impacts causés par les morceaux de la comète Shoemaker-Levy 9 en 1995 (photo ci-dessous).
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En 1995, des fragments de la comète Shoemaker-Levy 9 «bombardent» Jupiter et laissent plusieurs «cicatrices» étudiées en détail par Hubble. Retrouvez cette image et d’autres dans le portfolio « Jupiter foudroyée». Crédit : Hubble Space Telescope Team - ESA/NASA |
Les deux autres collisions sont celle de juillet 2009 évoquée en début d’article et celle de juin 2010. L’absence de trace pour cette dernière montre que l’objet — probablement un petit astéroïde — s’est intégralement consumé dans la haute atmosphère de Jupiter et n’a donc jamais atteint et perturbé les bandes nuageuses contrairement aux deux précédents événements. On notera que l’atmosphère de notre Terre nous protège de la même façon régulièrement contre des petits «cailloux baladeurs» qui brûlent entièrement ou en grande partie avant de parvenir au sol.
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En juillet 2009, un autre impact avait lui laissé une évidente cicatrice dans l’atmosphère de Jupiter. Des travaux récemment publiés estiment qu’un astéroïde de 500 m de large était en cause. Crédit : NASA, ESA, H. B. Hammel, MIT. |
Jupiter perd une de ses bandes équatoriales
L’observation réalisée avec Hubble le 7 juin 2010 a permis également d’étudier la disparition de l’une des bandes équatoriales de la géante gazeuse. Même dans un télescope amateur, on voit aisément l’alternance de bandes brunes et plus claires typique de cette planète. En fait, les bandes claires sont des nuages de cristaux d’ammoniaque qui recouvrent ceux de couleur brune situés plus bas dans l’atmosphère jovienne. Le récent cliché d’Hubble, comparé à celui accompli en juillet 2009 montre bien le phénomène (voir ci-dessous).
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Quel changement en 11 mois ! La bande équatoriale sud (flèches) semble avoir perdu ses couleurs... En fait, des bandes de nuages de cristaux d’ammoniaque recouvrent en ce moment les nuages plus sombres et situés plus bas dans l’atmosphère jovienne. Ces clichés ont été réalisés avec la nouvelle caméra WFC3 d’Hubble, installée lors de la mission STS-125 (voir ce portfolio). Mission qui est au coeur du film IMAX Hubble 3D projeté à la Cité de l’espace. Crédit : NASA, ESA, M. H. Wong (University of California, Berkeley, USA), H. B. Hammel (Space Science Institute, Boulder, Colorado, USA), A. A. Simon-Miller (Goddard Space Flight Center, Greenbelt, Maryland, USA) and the Jupiter Impact Science Team. |
Selon les astronomes, ces nuages de cristaux d’ammoniaque devraient se dissiper dans les mois à venir et la bande équatoriale retrouvera alors ses couleurs habituelles. Un phénomène similaire s’était produit dans les années 1970. Hubble, et des instruments plus performants au sol par rapport à ceux disponibles dans les années 1970, vont cependant permettre une étude bien plus détaillée de ces changements.
Publié le 17 juin 2010