Du spatial dans votre voiture
Guidage par satellite ou nouvelles motorisations, l’espace s’invite largement à bord de nos véhicules. Une innovation issue de l’ESA s'occupe aussi de leur assemblage.
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Nuna II : cette voiture solaire de l’Agence Spatiale Européenne remporta le World Solar Challenge de 2003, tout comme Nuna en 2001. Crédit : ESA/Alpha Centauri Nuon Solar Racing Team |
«Mettez un tigre dans votre moteur» : telle était, voici quelques décennies, la promesse d’une grande firme pétrolière aux automobilistes. Aujourd’hui, la plupart des constructeurs automobiles pourraient fièrement affirmer «nous mettons de plus en plus de spatial dans votre véhicule» !
Satellites et motorisations
On pourrait ainsi citer le positionnement par satellites qui vous indique où vous êtes et comment aller à votre destination. Et dans le futur, l’intervention de l’électronique embarquée couplée avec les satellites s’accentuera, ainsi que nous l’expliquons dans cet article intitulé Le Satellite prendra-t-il le Volant ? Mais la révolution la plus visible sera peut-être celle de la motorisation puisque plusieurs constructeurs étudient sérieusement la pile à combustible afin de remplacer le classique moteur à explosion qui, en ces temps de pétrole cher et de prise de conscience vis-à-vis de la pollution, aura de moins en moins les faveurs des clients de demain. Le japonais Honda est même passé à l’acte en commercialisant une berline mue par une pile à combustible, technologie qui doit beaucoup au spatial. Saviez-vous que l’actrice Jamie Lee Curtis en conduisait une ? Lisez cet article Enjoy Space.
De son côté, l’Agence Spatiale Européenne (ESA) a énormément travaillé sur un prototype de voiture solaire. Il faut dire qu’on ne compte plus les satellites ou sondes d’exploration qui tirent leur électricité des cellules photovoltaïques. On notera que l’ESA a même remporté par deux fois le prestigieux World Solar Challenge, une course d’endurance réservée aux véhicules solaires, avec les prototypes Nuna et Nuna II.
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Une ligne d’assemblage de voitures chez Volkswagen. Crédit : Volkswagen |
Du rendez-vous avec l’ISS au tableau de bord de voiture !
Mais cette fois-ci, l’ESA intervient dans l’automobile sur la chaîne d’assemblage. Il ne s’agit donc plus là d’une compétition, mais d’une application industrielle où l’on recherche efficacité et gain de productivité. L’opération visée concerne la mise en place du tableau de bord qui s’effectue à l’aide d’un robot surveillé par un opérateur. Le souci est qu’une ligne d’assemblage n’avance pas forcément à vitesse constante et que, malgré l’intervention d’un ouvrier, le défaut de synchronisation qui en résulte occasionne parfois des heurts qui endommagent le tableau de bord, sans compter la perte de temps induite. De plus, caler précisément la vitesse de la ligne d’assemblage avec le robot lors de cette phase entraînerait un lourd équipement associé à un coût prohibitif. La solution est donc venue de l’espace et plus particulièrement de la logique de pilotage du cargo européen ATV (Automated Transfer Vehicle) de l’ESA.
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Basé sur la technologie de rendez-vous de l’ATV, le système de la société MDUSpace est capable de s’adapter automatiquement au déplacement d’une voiture sur une chaîne d’assemblage. Crédit : MDUSpace |
Lorsque ce dernier s’approche de la Station Spatiale Internationale pour s’y amarrer, il emploie un système de caméra vidéo avec reconnaissance informatique des objets afin de s’aligner sur sa cible et de s’accoupler au sas de liaison sans erreur. Le programme de transfert de technologie de l’agence européenne (TTPO - Technology Transfer Programme Office), avec la société MDUSpace, a transposé cette logique afin que le robot chargé d’insérer le tableau de bord «reconnaisse» sa cible à l’aide d’une caméra et corrige en temps réel ses mouvements en fonction des variations de vitesse de la voiture sur la ligne d’assemblage. Le système est en effet capable d’identifier une série de cibles préalablement disposées qui réfléchissent un faisceau lumineux. Ces cibles constituent alors des repères sur lesquels se base l’informatique pour calculer les corrections de trajectoires nécessaires, qu’il s’agisse de s’amarrer à l’ISS ou d’installer un tableau de bord ! Moyennant bien évidemment quelques adaptations de programmation...
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Le cargo spatial ATV s’approchant de l’ISS (illustration). En novembre 2010, un deuxième cargo baptisé Johannes Kepler s’envolera à destination de la Station. Le précédent fut le Jules Verne qui avait accompli sa mission avec succès en 2008. Crédit : ESA/D. Ducros |
Publié le 25 janvier 2010