Deux astéroïdes frôlent la Terre
Mercredi 8 septembre, deux petits astéroïdes vont passer très près de notre planète. Un événement qui pourrait en fait être banal !
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Orbites des deux petits astéroïdes 2010 RX30 et 2010 RF12 qui frôlent la Terre ce mercredi 8 septembre 2010. Crédit : JPL-NASA/Traduction Enjoy Space |
Précisons-le d’emblée : ces deux objets ne nous menacent aucunement. Tout d’abord, leur trajectoire a été calculée avec suffisamment de précision pour écarter tout risque d’impact et ensuite leur taille est trop petite pour entraîner des dégâts au sol. Ce double passage montre toutefois pourquoi l’étude des astéroïdes géocroiseurs (ceux qui coupent ou s’approchent de l’orbite de la Terre) devient de plus en plus une priorité de l’exploration spatiale.
2010 RX30 et 2010 RF12 : deux astéroïdes comme tant d’autres...
Les deux «cailloux baladeurs» dont nous parlons ont été détectés le 5 septembre 2010 par le Catalina Sky Survey, un programme de détection d’astéroïdes potentiellement dangereux qui regroupe 3 observatoires : deux en Arizona aux États-Unis et un autre à Siding Spring en Australie. Les différentes observations réalisées ont permis aux astronomes de déterminer la taille et l’orbite des deux objets catalogués 2010 RX30 et 2010 RF12. Le premier présente une largeur de 10 à 20 m et passe au plus près de la Terre à 248.000 km ce mercredi 8 septembre à 9h51 TU (Temps Universel, 11h51 heure française). Le second s’avère plus petit (6 à 14 m), mais doit frôler notre planète de bien plus près à 79.000 km de distance le même jour à 21h12 TU (23h12 heure française).
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Un autre schéma des deux passages proches de ce jour selon un autre angle. Crédit : JPL-NASA/traduction Enjoy Space |
Ces distances signifient que les deux petits géocroiseurs s’approcheront donc un bref instant plus près de nous que la Lune qui orbite à environ 385.000 km. Au premier abord, l’événement semble exceptionnel en raison de la faible distance de passage de 2010 RX30 et 2010 RF12. Au premier abord seulement ! Car les astronomes estiment que ces deux géocroiseurs font partie de la large famille des astéroïdes d’une dizaine de mètres... famille qui pourrait compter plus de 50 millions de membres. Plus étonnant encore, chaque jour, un astéroïde de ce type frôlerait notre planète bleue à environ la distance Terre-Lune. On le voit, 2010 RX30 et 2010 RF12 ne sont en rien exceptionnels ! Fort heureusement, ils sont trop petits pour causer des dégâts au sol : en cas de rentrée dans l’atmosphère, ils sont en grande partie détruits et seuls quelques fragments parviennent alors au sol. Ce genre de rentrée dans l’atmosphère (c’est-à-dire d’objets d’une dizaine de mètres) se produit environ une fois tous les dix ans.
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Un des télescopes du Catalina Sky Survey qui balayent le ciel afin de détecter des objets potentiellement dangereux pour notre planète et notre civilisation. Crédit : Catalina Sky Survey |
Surveiller et protéger
Cette apparente banalité ne satisfait cependant pas les astronomes et, au fil des années, des crédits de plus en plus importants ont été débloqués afin de mettre en place une surveillance du ciel en vue de cataloguer les objets géocroiseurs (qu’il s’agisse d’astéroïdes ou de comètes) et de détecter au plus tôt ceux qui un jour pourraient entrer en collision avec la Terre. Toutefois, les stratégies à appliquer en cas de menace restent floues. Certains avancent des méthodes brutales comme l’emploi d’explosions thermonucléaires pour dévier l’objet menaçant de sa trajectoire, tandis que d’autres plaident la mise en oeuvre de solutions plus «douces» (le tracteur gravitationnel où un engin placé devant l’astéroïde finit par progressivement changer sa route) qui doivent offrir des résultats plus précis (pour en savoir plus, lisez ce dossier Enjoy Space).
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Quelques astéroïdes observés à l’aide de sondes spatiales. De gauche à droite : Eros (33 km de large) en l’an 2000 par NEAR, Itokawa (535 m de large) par Hayabusa en 2005 ou encore Lutetia (132 km de large) par Rosetta en 2010. Des objets d’une grande diversité comme le confirment d’autres études (voir cette brève Enjoy Space). Crédit : NASA/JAXA/ESA/mise en page Enjoy Space |
On notera que plusieurs agences spatiales se penchent très sérieusement sur le sujet. Et s’il y a débat autour des méthodes de déflexion, l’unanimité est plutôt de rigueur lorsqu’il s’agit de constater que nous ne connaissons pas assez tous ces objets. Les missions spatiales robotiques qui ont soit exploré, soit survolé des astéroïdes ont d’ailleurs montré leur grande diversité. Ceci explique pourquoi l’étude de ces petits objets à l’aide de sondes, outre un intérêt scientifique lié à la compréhension de la formation du système solaire, revient en force dans les programmes spatiaux. Et à ce titre, on remarquera qu’en début d’année, le président Barack Obama annula le retour vers la Lune demandé à la NASA par son prédécesseur afin de favoriser la préparation d’une mission habitée vers un astéroïde géocroiseur à l’horizon 2025.
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Le président Barack Obama souhaite que la NASA envoie des astronautes vers un astéroïde géocroiseur à l’horizon 2025. Une première dans le domaine des vols habités. Crédit : NASA |
Publié le 8 septembre 2010