Curiosity change de trajectoire
Dans la nuit du 11 au 12 janvier, le vaisseau qui transporte le rover Curiosity a accompli avec succès une délicate manoeuvre de correction de trajectoire. L’engin vise désormais directement mars pour un atterrissage prévu le 6 août prochain.
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Le vaisseau qui transporte Curiosity (image d’artiste). Le rover est dans la capsule qui le protègera lors de la rentrée dans l’atmosphère martienne. La vidéo en fin de cet article explique toute la séquence de l’atterrissage. Crédit : NASA/JPL |
Rappelez-vous, le 26 novembre 2011, Curiosity quittait la Cape Canaveral Air Force Station en Floride au sommet d’une fusée Atlas V (voir cet article avec vidéos). Sur orbite, le dernier étage de cette fusée (appelé Centaur) donna l’impulsion nécessaire afin que le vaisseau en forme de capsule transportant le rover atteigne une vitesse suffisante pour rejoindre Mars. Pour autant, la trajectoire suivie ne visait pas la planète rouge... Une erreur ? Pas du tout !
Le Centaur n’est pas admis sur Mars
Une fois cette tâche achevée avec succès, Curiosity se sépara de son étage Centaur. Il faut savoir que dans la réalité des voyages interplanétaires actuels, nous ne sommes pas dans la situation des engins de science-fiction qui foncent avec leurs propulseurs allumés en permanence ! On donne une forte poussée au départ (rôle de l’étage Centaur) puis on continue sur la lancée (dans l’espace il n’y a pas d’air donc pas de frottements qui ralentissent) en accomplissant des corrections de direction.
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Décollage de Curiosity au sommet d’une fusée Atlas V le 26 novembre 2011. Crédit : NASA/Scott Andrews/Canon |
Et de fait, une fois que l’étage Centaur et Curiosity se sont séparés, ils suivaient strictement le même chemin. Or Centaur n’a pas été stérilisé comme l’a été le rover. En conséquence, si cet étage de fusée avait directement pointé Mars, il se serait écrasé à sa surface avec le risque de contaminer la planète par des microbes terriens. Ce serait un terrible gâchis que d’envoyer des sondes vers ce monde pour y découvrir une vie que nous aurions apportée par négligence ! Donc Centaur est interdit de Mars. La solution est dès lors d’utiliser celui-ci afin de donner au vaisseau de transport du rover la bonne vitesse, mais en visant légèrement à côté de la cible. Ensuite, grâce à de petits propulseurs, Curiosity accomplit l’ajustement nécessaire tandis que le Centaur (séparé ne l’oublions pas) continue son chemin qui évite Mars.
Une manoeuvre réussie
Et c’est ce qui s’est produit avec succès dans la nuit du 11 au 12 janvier dernier. Tout a commencé le 11 à 23h00 Temps Universel pour se terminer 2 heures et 55 minutes plus tard aux premières heures du lendemain. Durant ce laps de temps le vaisseau de transport de Curiosity a mis à feu ses 8 propulseurs (regroupés en deux blocs de 4) selon une séquence très précise. Un long allumage de 19 minutes, en n’utilisant qu’un seul des 4 propulseurs sur chacun des 2 blocs, a signé le début des opérations. L’engin a alors accéléré. Puis, celui-ci tournant sur lui-même, lorsqu’un groupe de propulseurs se trouvait bien placé, on l’activait pendant 5 secondes afin d’obtenir une poussée que d’un seul côté, ce qui changea progressivement la direction suivie. Et très progressivement, car il a été nécessaire d’effectuer 200 allumages de ce type sur une période de 2 heures et quarante minutes. Le rover de la NASA visait alors Mars et avançait aussi son arrivée de 14 heures en vue d’être à même d’atterrir au sein du cratère Gale (voir cet article Enjoy Space). Le 12 janvier, sa vitesse par rapport à la Terre atteignait 16.600 km/h (110.500 km/h par rapport au Soleil) et il avait parcouru 130,6 millions de km sur les 567 millions de km le séparant de son objectif (la trajectoire n’est pas droite, mais courbe).
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Le rover Curiosity «au travail» sur Mars (image d’artiste). Crédit : NASA/JPL |
D’autres corrections de trajectoire sont prévues, mais elles ne seront pas aussi importantes, il s’agira d’affiner la route suivie. À titre d’exemple, la prochaine manoeuvre programmée le 26 mars sera 6 fois moins importante en terme de changements apportés.
Rappelons que Curiosity emporte deux instruments français comme l’explique cette vidéo Enjoy Space ci-dessous.
En parlant de robot, n’oublions pas le cycle L’Odyssée de l’espace à la cinémathèque de Toulouse (en partenariat avec le CNES et la Cité de l’espace). En effet, le prochain film programmé, pour le 25 janvier, est Short Circuit qui raconte les aventures d’un robot qui devient conscient de sa condition. Et avec ses deux caméras en forme de paire d’yeux (photo ci-dessous), il évoque immanquablement les rovers Spirit, Opportunity et bien sûr aussi Curiosity (voir cet article complet sur Short Circuit à la Cinémathèque de Toulouse).

Publié le 13 janvier 2012