Coup double sur la Lune

Ce jeudi soir, la NASA doit envoyer deux sondes vers la Lune pour y préparer le retour des astronautes.

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La sonde Lunar Reconnaissance Orbiter : un éclaireur robotique pour le retour des astronautes sur la Lune.
Crédit : NASA

Mise à jour : le lancement du 18 juin annoncé dans cet article s'est déroulé comme prévu.

Un moment délaissée par l’exploration spatiale, la Lune est redevenue ces dernières années un objectif prioritaire. Il n’y a pas si longtemps, 3 sondes orbitaient en même temps autour de notre satellite naturel : la chinoise Chang’e 1, la japonaise Kaguya et l’indienne Chandrayaan 1. Les deux premières ont récemment achevé leur mission par un crash contrôlé sur sa surface (le 1er mars 2009 pour Chang’e 1 et le 10 juin pour Kaguya - lire cet article Enjoy Space).

LRO : le guide du routard lunaire
La sonde indienne ne va toutefois pas rester seule longtemps puisque ce soir à 17h12, heure de Floride (21h12 UTC, heure du méridien de Greenwich - 23h12, heure de Paris), une fusée Atlas V doit décoller du centre spatial Kennedy afin de lancer vers la Lune la double mission LRO et LCROSS.
Penchons-nous tout d’abord sur LRO ou Lunar Reconnaissance Orbiter. Cette sonde de 1,9 tonne va étudier notre satellite naturel en le survolant à seulement 50 km d’altitude en passant par ses pôles. La NASA a clairement établi les priorités de cette mission : sélectionner des sites d’atterrissages sûrs, identifier les ressources lunaires et évaluer les effets des radiations sur la santé des futurs explorateurs. En bref, où aller, comment y séjourner et dans quelles conditions. Un véritable guide du routard lunaire, sauf qu’ici on ne parle pas de vacances, mais de mettre sur pied des expéditions scientifiques ! D’ailleurs, sur les 7 instruments embarqués (voir En Savoir +), 4 sont consacrés directement à la recherche de l’eau, probablement sous forme de glace mélangée au sol ou sous-sol lunaire dans des zones en permanence à l’ombre (certains cratères aux pôles). Une ressource primordiale qui faciliterait grandement des missions de plusieurs semaines ou mois, car on éviterait ainsi d’avoir à amener depuis la Terre le précieux liquide nécessaire aux astronautes. LRO dressera aussi une carte des reliefs lunaires grâce à un altimètre laser tandis que sa caméra la plus précise détaillera le sol avec une précision de 1 mètre ! Cela signifie qu’on pourra distinguer différents équipements laissés lors des missions Apollo lorsque les sites concernés seront survolés (toutefois, seulement 10 % de la Lune sera photographiée avec la plus haute résolution). Une sorte de retour aux sources pour passer le témoin aux futures générations de marcheurs lunaires.

La sonde Shepherding surveille le dernier étage de la fusée Atlas V alors qu’il va s’écraser sur la Lune. L’impact est prévu en octobre si le décollage a lieu avant le 21 juin.
Crédit : NASA

LCROSS : double impact
Si LRO se voit attribuer au minimum 1 an pour accomplir son rôle d’éclaireur, la sonde qui l’accompagne, celle de la mission LCROSS (Lunar CRater Observation and Sensing Satellite), disposera de moins de temps puisqu’elle percutera la Lune en octobre prochain et son but principal devra être réalisé en seulement quelques minutes ! En effet, après le lancement de LRO et son largage, le dernier étage de la fusée suivra une trajectoire légèrement différente avec à son sommet une petite sonde de 891 kg baptisée Shepherding (mot qui désigne le travail d’un berger en anglais). Quatre mois plus tard, cette dernière se détachera afin d’observer les 2,3 tonnes de l’étage de la fusée s’écraser sur la Lune à environ 9 000 km/h. L’analyse du flash lumineux par les instruments de Shepherding, mais aussi du panache de poussières expulsées à une hauteur maximale estimée de 10 km doit permettre de confirmer ou non la présence d’eau dans les zones à l’ombre des cratères des pôles. On en revient à cette quête de l’eau pour de futures missions habitées. Toutefois, 4 minutes plus tard, Shepherding subira le même sort que l’étage de la fusée en percutant à son tour la surface de notre satellite naturel. La compagne de LRO ne disposera donc bien que de quelques minutes pour récolter de précieuses données très attendues et les transmettre vers la Terre.
Si le décollage a lieu ce soir ou avant le 21 juin, la mission LCROSS visera le pôle Sud lunaire (le cratère exact sera sélectionné plus tard) pour un double impact entre le 7 et le 11 octobre.

Publié le 18 juin 2009

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