37 succès d’affilée pour Ariane 5

Samedi 26 juin, le lanceur européen réalisait son 51ème vol en plaçant sur orbite deux satellites géostationnaires.

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Après deux reports pour des problèmes survenus sur les circuits de pressurisation, Ariane 5 a quitté le Centre Spatial Guyanais le samedi 26 juin à 18h41, heure locale de Guyane (21h41 TU, Temps Universel). C’est donc dans un ciel qui passait du jour à la nuit que la fusée s’est élevée pour finalement accomplir sa mission avec succès, comme le montre la vidéo ci-dessus.

Ariane 5 domine, mais la concurrence existe
Les satellites embarqués étaient au nombre de deux. Arabsat 5 fournira des services de télévision et de télécommunications au Moyen-Orient et à l’Afrique du Nord. Fondée en 1976 par 20 états membres de la Ligue des États arabes, la firme Arabsat est un client régulier de la société Arianespace qui commerciale les lancements sur la fusée européenne. Avec Arabsat 5 (d’une masse de 4.950 kg), construit par les industriels européens Astrium et Thales Alenia Space, la flotte d’Arabsat compte désormais 4 satellites opérationnels sur orbite. Le deuxième «passager» d’Ariane 5 était le satellite COMS, chargé d'étudier les océans, de fournir des données météorologiques et de tester des technologies de télécommunications. D’une masse de 2.460 kg, il est l’oeuvre d’Astrium avec l’agence spatiale sud-coréenne KARI. Cette dernière envisage un deuxième satellite similaire pour 2014.

Ariane 5 - flight vol 51
Ariane 5 s’envole pour sa 51ème mission le samedi 26 juin. Arianespace a communiqué les chiffres suivants sur la précision du lanceur en ce qui concerne l’injection sur orbite de l’étage supérieur : un périgée (point le plus bas d’une orbite) de 249,9 km pour 249,7 km visés, un apogée (point le plus haut) de 35.972 km pour 35.958 km visés et une inclinaison par rapport à l’équateur de 2 degrés, exactement celle visée.
Crédit : ESA-CNES-Arianespace/Optique Vidéo CSG

Avec ce 51ème vol, Ariane 5 confirme sa position dominante sur le marché des lancements commerciaux et Jean-Yves Le Gall, PDG d’Arianespace, a rappelé que le carnet de commandes comprenait 34 satellites à placer sur orbite géostationnaire. Cependant, et malgré 9 nouveaux contrats signés depuis le début de l’année 2010, le marché reste tendu avec les concurrences russes et chinoises et celle toute récente de SpaceX en ce qui concerne le créneau géostationnaire. En effet, avec le succès du vol inaugural du Falcon 9 (voir cet article), la société fondée par Elon Musk ne vise pas que les missions payées par la NASA vers la Station Spatiale Internationale, mais aussi les lancements de satellites. À ce titre, SpaceX a récemment remporté un important contrat de 492 millions de dollars pour les satellites Iridium NEXT (voir cette brève). À cela, s’ajoute une politique de prix très agressive puisque cette société affiche sur son site web un coût au kilo de 11.965 dollars pour l’orbite géostationnaire là où Ariane 5 facturerait 22.900 euros. Nul doute que ses 37 lancements réussis d’affilée constitueront pour le lanceur européen un argument de poids. Sa prochaine mission est prévue pour le 3 août (satellites RASCOM-QAF 1R et NILESAT 201).

Publié le 28 juin 2010

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