26 planètes et 11 systèmes pour Kepler
Le télescope spatial Kepler a découvert à ce jour plus de 2.000 exoplanètes potentielles. 26 de ces planètes qui tournent autour d’autres soleils que le nôtre viennent d’être confirmées au sein de 11 systèmes stellaires.
 |
Le télescope spatial Kepler (illustration). Crédit : NASA |
Depuis 2009, Kepler observe la même région du ciel, scrutant la moindre variation de luminosité de 155.453 étoiles. Or, une baisse temporaire de l’éclat de ces autres soleils peut être causée par le fait qu’une planète passe devant, bloquant du coup une partie de la lumière. C’est ce qu’on appelle la méthode des transits (la planète transite devant l’étoile autour duquel elle tourne). À ce jour, le télescope spatial de la NASA cumule près de 2.300 «candidats planétaires», c’est-à-dire des baisses de luminosité qui présentent les caractéristiques d’autres mondes passant devant leur soleil. Toutefois, avant de «valider» ces exoplanètes, il faut vérifier leur existence avec d’autres méthodes, notamment en utilisant des télescopes au sol. C’est ainsi que l’agence américaine a annoncé le 26 janvier que 26 planètes réparties sur 11 systèmes stellaires venaient d’être confirmées.
 |
Le catalogue des exoplanètes (planètes qui tournent autour d’autres soleils que le nôtre) de Kepler rangé par étoiles (même colonne). En vert, les 26 nouveaux mondes. En bleu, à gauche, les planètes de notre système solaire pour comparaison de taille (Sol-b pour Mercure, Sol-c pour Vénus, Sol-d pour la Terre, Sol-e pour Mars, Sol-f pour Jupiter, Sol-g pour Saturne, Sol-h pour Neptune et Sol-i pour Uranus). Crédit : NASA |
Quelle variété !
La nouvelle moisson certifiée de Kepler se distingue par sa grande variété. Si toutes ces planètes orbitent proches de leur étoile (plus près que Vénus ne l’est de notre Soleil), leur taille en revanche va de 1,5 fois la Terre à plus grande que celle de Jupiter (la plus volumineuse de notre système solaire). Quinze d’entre elles présentent un diamètre compris entre 1,5 Terre et Neptune. Sur ces mondes, l’année dure de 6 à 143 jours terrestres. D’autres observations seront nécessaires pour déterminer quelles exoplanètes sont de nature gazeuse ou tellurique (c’est-à-dire rocheuse comme notre propre planète). Les 11 systèmes, tous situés dans notre voisinage galactique immédiat puisque Kepler «voit» jusqu’à environ 3.000 années-lumière, contiennent chacun de 2 à 5 planètes.
La vidéo ci-dessous explique comment en mesurant les temps de transit, on parvient à détecter le fait qu’il y a une ou plusieurs planètes autour d’une même étoile.
Comme nous l’avons écrit précédemment, aucun de ces mondes n’est plus éloigné de son étoile que Vénus ne l’est de notre Soleil (soit 108 millions de km contre 150 millions pour la Terre). En conséquence, nous sommes en présence de systèmes planétaires plutôt «compacts». À tel point que les astronomes ont remarqué que, ces exoplanètes se perturbent mutuellement du fait de l’interaction gravitationnelle, provoquant accélération ou décélération dans leur révolution autour de leur étoile. À ce titre, le système Kepler-33 se distingue avec ses 5 mondes qui tournent autour d’une étoile plus vieille et plus massive que la nôtre. Et ces 5 planètes évoluent dans un espace plutôt «restreint» (en terme de distances astronomiques bien évidemment) puisque toutes sont plus proches de leur étoile que Mercure ne l’est du Soleil. Et pourtant, Mercure est la planète du système solaire la plus rapprochée de notre astre du jour !
Résonance orbitale
Les scientifiques ont également remarqué des phénomènes dits de «résonance orbitale», soit lorsque des objets tournent autour d’un autre avec des périodes de révolution dont le rapport est une fraction simple. Ainsi, pour les 5 systèmes Kepler-25, 27, 30, 31 et 33, il a été détecté une paire où la planète plus proche de l’étoile fait exactement deux fois le tour de son soleil tandis que la planète plus lointaine ne fait qu’une seule orbite. Pour les 4 systèmes Kepler-23, 24, 28 et 32, le monde plus proche accomplit trois révolutions tandis que celui placé plus loin en accomplit deux. La «résonance orbitale» n’est pas une nouveauté et notre propre système solaire exhibe d’ailleurs un bel exemple avec Neptune qui réalise 3 fois le tour du Soleil tandis que Pluton n’en accomplit que 2.
La vidéo ci-dessous est une animation montrant comment ces 26 nouveaux mondes de Kepler tournent autour de leur étoile respective.
Publié le 27 janvier 2012