Neil Armstrong, 40 ans après Apollo 11
Bien que très sollicité, le premier homme à avoir marché sur la Lune a répondu à nos questions. Ses réponses mettent Apollo 11 en perspective 40 ans après.
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Neil Armstrong et un échantillon de roche lunaire exposé au Cincinnati Museum Center. Crédit : NASA/Bill Ingals |
Né le 5 août 1930 à Wapakoneta dans l’Ohio, Neil Armstrong a une formation d’ingénieur en aérospatiale. Pilote de la Navy puis pilote d’essai (notamment sur l’avion X-15), il intègre la NASA comme astronaute en 1962. Son premier vol spatial se déroule le 16 et 17 mars 1966. Il commande la mission Gemini VIII avec David Scott pour coéquipier. Alors que la capsule biplace Gemini rentre dans une rotation imprévue et amène les astronautes à la limite de la perte de connaissance en raison des forces subies, Neil Armstrong fait preuve de sang-froid et parvient à reprendre le contrôle du véhicule. Cette gestion d’une crise grave en plein vol orbital a probablement beaucoup pesé lorsque vint le moment de choisir le commandant de la première mission à amener des hommes sur la Lune, Apollo 11. «Un petit pas pour un homme, un bond de géant pour l’humanité» : si Neil Armstrong est connu dans le monde entier pour cette phrase et l’historique marche lunaire qui suivit avec Buzz Aldrin, la discrétion du premier homme sur la Lune l’est tout autant. Cependant, Neil Armstrong ne mène pas, contrairement à ce qui est souvent dit, une existence de reclus. Il a ainsi enseigné et participe toujours très régulièrement à des conférences sur l’ingénierie aérospatiale entre autres activités. On notera ainsi qu’il fut vice-président de la commission d’enquête sur l’accident de la navette spatiale Challenger en 1986. Plus récemment, il a enregistré plusieurs films pour la NASA afin d’expliquer le programme de retour vers la Lune. Sa biographie, intitulée «First Man» (Simon & Shuster), a été écrite par l’historien James Hansen.
Enjoy Space : 40 ans après, votre analyse personnelle des premiers pas sur la Lune et de leur importance historique a-t-elle changé par rapport à l’époque d’Apollo ?
Neil Armstrong : Au début de l’ère spatiale, voici un demi-siècle, beaucoup se demandaient si des humains pouvaient survivre dans l’espace. Après avoir appris qu’ils le pouvaient, ils se sont demandé si des humains pourraient quitter la Terre et se diriger vers d’autres destinations au sein du Cosmos. Avec le programme Apollo, il a été démontré que l’espèce humaine n’est pas enchaînée pour toujours à la Terre par la force de gravité. Les humains, avec une technologie suffisamment avancée, peuvent voyager au sein du système solaire, rechercher des ressources naturelles exploitables et mieux connaître notre petite partie de l’univers qui reste inconnu. Cette possibilité reste inchangée quatre décennies plus tard.
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Neil Armstrong photographié sur la Lune par Buzz Aldrin. Crédit : NASA |
Enjoy Space : Vous avez souvent rappelé qu’Apollo n’a été possible que grâce au dévouement sans faille de 400 000 hommes et femmes, qu’il s’agisse du personnel de la NASA ou de ses contractants et sous-traitants. Mais depuis, le monde de l’industrie a changé, de même que la NASA. Dans l’Amérique d’aujourd’hui, est-il possible d’initier à nouveau un tel dévouement pour le programme spatial et en particulier pour le retour sur la Lune ?
Neil Armstrong : La course à l’espace est à l’origine un des composants de la compétition entre l’Est et l’Ouest lors des premières décennies de la seconde moitié du vingtième siècle. Cette compétition intense a fait naître des projets qui ont produit de nombreuses innovations et encouragé un grand nombre de jeunes gens capables à se qualifier pour participer en suivant des études avancées en ingénierie, science et mathématiques. De nouveaux programmes passionnants pousseront certainement de nombreux jeunes étudiants à s’efforcer de participer. Toutefois, je ne peux prédire si le grand public dans sa globalité puisse être aussi motivé afin de soutenir l'existence de tels programmes.
Biographie NASA de Neil Armstrong
First Man chez l’éditeur Simon & Shuster
Publié le 20 juillet 2009