Avec son HTV, le pays du Soleil Levant peut désormais envoyer des équipements et vivres vers l’ISS.
HTV signifie H-II Transfer Vehicle car il s’agit d’un module cargo lancé par la fusée nippone H-IIB, une évolution plus puissante de la H-IIA. Bien qu’automatique, cet engin concerne directement les vols habités puisqu’il permettra d’emporter 6 tonnes d’équipements et de vivres vers la Station Spatiale Internationale.
Schéma du HTV 1 : port d’amarrage 2 : section pressurisée 3 : panneaux solaires 4 : section non pressurisée 5 : avionique 6 : module de propulsion Longueur : 9,8 m - Diamètre : 4,4 m - Masse au décollage : 10,5 t + 6 t de cargo Crédit : JAXA
Un module (temporaire) de la Station Avec le HTV, le Japon participe encore plus au complexe orbital alors qu’il y possède déjà le plus grand module laboratoire avec Kibo. Il rentre aussi dans le petit club des nations capables d’amener par elles-mêmes des charges utiles vers l’ISS, à savoir les États-Unis (avec la navette), la Russie (cargo Progress et vaisseaux habités Soyouz) ou encore l’Europe (cargo ATV). Une fois amarré à la Station (voir le paragraphe suivant), le HTV deviendra un module temporaire du complexe orbital puisque les astronautes accéderont à sa partie pressurisée afin d’en retirer les fournitures ainsi apportées. Par rapport à l’ATV européen ou au Progress russe, le vaisseau japonais innove en étant doté d’une section non pressurisée, exposée au vide spatial. Les équipements destinés à être installés d’office à l’extérieur de l’ISS pourront donc être saisis directement par le bras robotique de la Station et on évitera un passage par l'intérieur du complexe orbital qui peut parfois s’avérer délicat. On notera d’ailleurs que le laboratoire nippon Kibo possède une plateforme extérieure conçue pour accueillir des expériences qui doivent être soumises aux rigueurs du vide spatial. La section non pressurisée du HTV permet ainsi d’amener des expérimentations sur cette plateforme sans jamais encombrer l’espace habité de la Station.
Un rendez-vous original Avec le HTV, les ingénieurs japonais se sont trouvés confrontés à un type d’engin qu’ils n’avaient jamais développé. D’ailleurs, lors de la phase de conception, la NASA a demandé à la JAXA près de 1 300 modifications avant d’approuver le cargo nippon comme vaisseau autorisé à opérer un rendez-vous avec la Station Spatiale Internationale. Il faut préciser qu’on parle d’une masse totale de 16 tonnes (6 tonnes de cargo + 10 tonnes pour l’engin) lancée à 27 000 km/h vers un ensemble de modules qui abritent 6 astronautes ! Aussi, même si l’ISS tourne bien évidemment autour de la Terre à également 27 000 km/h, la plus grande des prudences s’impose pour garantir la sécurité de l’équipage. Ainsi, doté d’une avionique sophistiquée, le HTV rejoindra la Station par étapes successives. Quelques jours après son lancement, il fera une première halte à 23 km de distance. Puis, le vaisseau sera autorisé à s’approcher à 7 km. Si tout se déroule comme prévu, le cargo automatique s’arrêtera à seulement 500 m puis 300 m de l’ISS. Après de nouvelles vérifications, le rendez-vous final commencera et le HTV évoluera alors à moins de 10 m du complexe orbital. Durant cette phase, les astronautes présents dans la Station pourront ordonner à l’engin de s’immobiliser à nouveau ou de s’éloigner en cas de besoin. Mais normalement, ils captureront le HTV avec le bras robotique Canadarm 2 de l’ISS afin de l’amarrer au module Harmony (qui communique avec les laboratoires Columbus européen, Destiny américain et Kibo japonais). Cette procédure originale facilite le rendez-vous final puisque le bras robotique permet de saisir le HTV même si sa position de «parking» ultime varie de plusieurs dizaines de centimètres. En revanche, un rendez-vous classique avec amarrage direct, comme celui opéré par la navette américaine, les vaisseaux russes Soyouz ou Progress et l’ATV européen, exige une tolérance qui se chiffre en quelques centimètres à peine. L’astucieux scénario japonais maximise donc normalement les chances de succès.
Ci-dessous, résumé en image, une mission typique d’un cargo automatique HTV (crédit images : JAXA).
Lancement par une fusée H-IIB depuis la base de Tanegashima au Japon.
Parvenu sur orbite terrestre, le HTV se sépare du deuxième et dernier étage de sa fusée porteuse H-IIB.
Après plusieurs étapes, le cargo spatial parvient à portée du bras robotique Canadarm 2 (fabriqué au Canada) de la Station.
Le bras, piloté par l’équipage du complexe orbital, saisit le HTV et l’amarre au module Harmony. Une fois le sas ouvert, les astronautes peuvent accéder à la partie pressurisée du cargo japonais.
Les éléments transportés dans la section non pressurisée sont pris par le bras Canadarm 2 et livrés directement à l’extérieur de la Station.
Après 30 jours comme module temporaire de la Station, le HTV est rempli avec les éléments devenus inutiles du complexe orbital. Une fois détaché, il est dirigé vers les hautes couches de l’atmosphère où il se consume intégralement : les «poubelles» de l’ISS sont ainsi totalement détruites.
Documentaire vidéo de la JAXA sur le HTV (en anglais).
Il n’y a pas si longtemps, les astronomes théorisaient la vie sur pratiquement toutes les planètes du système solaire alors qu’aujourd’hui on envisage parfois la Terre comme l’unique oasis du vivant... ET aurait-il disparu entre temps ?
Depuis quelques années, des entrepreneurs ambitionnent de développer une nouvelle approche du spatial et visent une réduction des coûts de lancement. Le secteur privé révolutionnera-t-il les vols habités ?
Le vaisseau spatial du film de James Cameron est bien moins fantaisiste qu’en apparence et aborde même de façon plausible plusieurs problèmes posés par les voyages interstellaires.