Embouteillage sur orbite

 

Le 15 juin dernier, le satellite suédois Prisma a été mis sur orbite par un lanceur russo-ukrainien Dniepr. Le lancement s'est bien passé et le satellite - composé de deux éléments qui se sépareront ultérieurement pour s'entraîner au vol en formation - a été mis en sommeil pour plusieurs semaines. Les équipes ont donc pu partir en vacances prendre un repos bien mérité.

Sauf que les routes du début de l'été sont bien chargées en orbite comme ailleurs. Lundi 5 juillet, la Swedish Space Corporation, agence suédoise qui gère le programme Prisma, reçoit un message urgent de l'US Joint Space Operations Center de Vandenberg qui analyse les orbites de plus de 19 000 satellites et débris orbitaux suivis par le NORAD : le mercredi 7 juillet à 0h59 (le mardi 6 à 22h59 GMT), un des débris issus de la collision entre un satellite Iridium et une épave russe en 2009 va croiser Prisma à 144 m de distance. Pour le commun des mortels, cela semble beaucoup, mais pour un opérateur de satellites c'est terriblement près. Compte-tenu des marges d'erreur dans les mesures et des estimations dans la dégradation permanente des orbites, un croisement à moins de 1 km signifie qu'un risque de collision n'est pas exclu.




En quelques heures, les membres essentiels des équipes ont dû rentrer de vacances en catastrophe pour être à pied d'œuvre mardi soir à 21h afin d'effectuer une manœuvre d'évitement : 10 secondes de poussée au bon moment et dans la bonne direction pour que Prisma puisse passer en toute sécurité à 2 km du débris.

Le site de la mission Prisma

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