Richard Garriott (à droite) à bord de l’ISS avec deux des trois acteurs de son court-métrage : les Américains Mike Fincke (centre) et Greg Chamitoff (à gauche). Crédit : NASA
En octobre 2008, Richard Garriott est devenu le premier astronaute de deuxième génération américain. En effet, son père n’est autre qu’Owen Garriott qui effectua une mission à bord de la station de la NASA Skylab en 1973 puis participa au vol de navette STS-9 en 1983. Toutefois, le fils ne doit pas son vol à l’agence américaine. Ayant fait fortune dans les jeux vidéos (dont le célèbre Ultima), Richard Garriott a payé sa place (on parle de 35 millions de dollars) pour un séjour d’une semaine dans la Station Spatiale Internationale, aller-retour à bord d’un vaisseau russe Soyouz compris. Alors qu’il était là-haut, il a notamment mené le «projet Icarus» : tourner un court-métrage de fiction se déroulant dans l’ISS avec les astronautes pour acteurs. Pour respecter les règles qui régissent le complexe orbital, les quelques séquences nécessaires furent réalisées lors des quelques heures de repos dont disposent les professionnels de l’espace au sein d’un emploi du temps très chargé. Le titre du film ? Apogee of fear (l’apogée de la peur). L’histoire ? Alors que Richard Garriott a quitté la Station avec deux cosmonautes russes, les Américains Greg Chamitoff et Michael Fincke, avec le Russe Youri Lonchakov, se remettent au travail et constatent que trop d’oxygène est utilisé pour trois personnes... Quelque chose de plus est à bord ! Ne croyez pas pour autant que Richard Garriott a concocté un film de SF horrifique. Non, le court-métrage est en fait humoristique puisque Chamitoff et Fincke se plaignent d’abord de la manie qu’avait Garriott de toujours parler jeux vidéos puis en viennent à regretter son départ car il arbitrait leurs disputes à propos de savoir ce qui en haut ou en bas dans la Station (ce qui en impesanteur n’a que peu d’intérêt). Le ton, on le voit est à la parodie bon enfant d’autant plus que la «créature» en trop s’avèrent être Richard Garriott lui-même qui est finalement resté clandestinement à bord. Mais il y a une autre «créature» : la propre mère du fils d’astronaute venue sermonner l’équipage (bien évidemment grâce à un effet de montage, cette dernière n’ayant pas été sur place !). Mine de rien, Apogee of Fear est la première oeuvre de fiction scénarisée tournée dans l’espace. À ce titre, la très sérieuse Smithsonian Institution (qui gère notamment le Air and Space Museum de Washington, DC) en aurait demandé une copie en raison de son intérêt historique. Le problème est que la NASA s’oppose pour le moment à toute diffusion publique du film. Les obstacles seraient dû au fait que le lieu de tournage est la Station qui dépend d’accords internationaux ou de l’agence elle-même sans compter la gestion du droit à l’image des astronautes. Richard Garriott pense lui que la NASA pourrait être embarrassée par le ton ludique du film. Publié le 18 janvier 2012
Lorsque l’on évoque les débuts de l’ère spatiale en Union Soviétique, les deux noms qui viennent immédiatement à l’esprit sont généralement Youri Gagarine, premier homme dans l’espace, et Serguei Korolev le génial concepteur de la fusée R7, aujourd’hui appelée Soyouz. Pourtant, un autre «homme de l’ombre», de ceux qui agissent au sol et ne connaissent pas la gloire de ceux qui partent sur orbite, a joué un rôle fondamental dans les succès soviétiques. Son nom : Boris Tchertok. Né le 11 mars 1912, il est mort le 14 décembre 2011 à 99 ans (il avait pris sa retraite en 1992 à l’âge de 80 ans !). Ingénieur brillant, il a aussi écrit un ouvrage en 4 volumes considéré comme la référence en matière d’histoire spatiale et traduit en anglais sous le titre «Rockets and People» (des fusées et des hommes). Ci-dessous, une courte vidéo EuroNews et la première partie d’un documentaire russe consacré à ce grand monsieur de la conquête spatiale.
L’Américain Edgar Rice Burroughs (1875-1950) est surtout présenté comme le créateur du héros Tarzan dont il rédigea 26 aventures sous forme de livres et qui connut de multiples adaptations cinématographiques dont un dessin animé chez... Disney. Or cette major américaine a décidé de s’attaquer à une autre œuvre de Burroughs, la saga de Barsoom, le nom que les martiens donnent à leur planète. Car, prenant pour base l’idée d’une civilisation extraterrestre à l’agonie popularisée par l’astronome américain Percival Lowell (qui voyait sur Mars des canaux, selon lui une tentative désespérée de ses habitants pour drainer l’eau des calottes polaires afin d’irriguer les déserts), l’écrivain laisse libre cours à son imagination et narre les péripéties du terrien John Carter mystérieusement transféré sur ce monde en guerre. Ses capacités physiques décuplées par la pesanteur martienne moindre, font de lui un redoutable guerrier qui gagne le respect des autochtones. L’adaptation par les studios Disney semble essentiellement tirée de «Une princesse de Mars», le premier opus de la série Barsoom de Burroughs. Attention toutefois, il ne s’agit pas d’un dessin animé, mais d’un film doté de surcroît d’un impressionnant budget de 250 millions de dollars qui, comme le montre la bande-annonce ci-dessous, s’explique très probablement en grande partie par les nombreux effets spéciaux nécessaires pour donner vie à cette Mars fantasmagorique imaginée par le créateur de Tarzan.
C’est la firme Pixar (rachetée par Disney en 2006), connue pour ses dessins animés en images de synthèse (Toy Story, Cars, etc.), qui s'occupe des effets spéciaux, marquant son entrée dans le domaine des films «classiques» avec acteurs. Et c’est d’ailleurs un «réalisateur-maison», Andrew Stanton (Wall-E, Nemo), qui est aux commandes. Certes, la planète rouge présentée dans le film John Carter s’éloigne totalement de la réalité et sera très différente de celle qu’explorera à partir d’août 2012 le rover de la NASA Curiosity (voir cet article), mais cette production Disney sortant sur les écrans en mars 2012, il semble que cette année sera l’année de Mars !
Les magasins d’origine suédoise qui ont acquis une réputation internationale avec leurs meubles en kit ont lancé une campagne publicitaire basée sur le concept «njut» («profiter» en suédois) et qui met en scène de façon décalée leur ligne de produits. Dans le spot télévisé visible ci-dessous, le thème est le spatial avec un couple qui joue à partir sur orbite.
Dans la bande-son on note la phrase «Roger roll Challenger» : c’est ainsi que le sol indiquait à l’équipage d’une navette qui décollait (en l'occurrence, Challenger) qu’il avait bien reçu le commentaire du commandant signifiant le «roll program», c’est-à-dire lorsque l’engin effectuait un roulis (rotation autour de l’axe longitudinal, celui de la montée pour la navette à ce moment) afin de s’orienter correctement. On entend aussi la première moitié de l’historique citation de Neil Armstrong : «One small step for man». Le livreur de pizza s’associe même au jeu spatial du couple. Voilà qui fait penser (mais ce n’est sans doute pas volontaire !) à la campagne de Domino Pizza évoquée dans ce précédent article. Pour en savoir plus sur l’astronautique utilisée à des fins publicitaires, consultez également ce dossier Enjoy Space intitulé "Le spatial lave-t-il plus blanc ?".
Posters des Expéditions 29, 30 et 31. Crédit : NASA/Enjoy Space
C’est connu, les équipages de missions spatiales posent pour des photos très officielles en scaphandre ou dans leur fameuse tenue «bleu de travail». Mais le programme Space Flight Awareness (sensibilisation au vol spatial) de la NASA crée aussi avec les astronautes des posters plus décontractés, parfois carrément humoristiques ou qui font référence à la culture populaire et notamment les films. Le 14 novembre prochain, un vaisseau Soyouz TMA-22 s’envolera de Baïkonour avec à son bord l’Américain Daniel (Dan) Burbank et les Russes Anton Shkaplerov et Anatoli Ivanishin. En rejoignant la Station Spatiale Internationale, ils retrouveront leurs 3 collègues déjà là-haut : le Japonais Satoshi Furukawa, le Russe Sergey Volkov et l’Américain Mike Fossum. L’Expédition 29 sera alors complète, comme sur ce poster qui reprend le look de Tron Legacy, une production Disney qui se situe dans un univers virtuel. On remarque que le commandant Mike Fossum tient l'emblème de son Expédition comme les disques des protagonistes du film (ce disque est à la fois leur identité et une sorte de frisbee pour combattre).
En raison d’un problème survenu en août sur un lanceur Soyouz, le calendrier des vols vers la Station a été chamboulé. L’Expédition 29 façon Tron Legacy ne durera pas donc pas longtemps puisque Furukawa, Volkov et Fossum doivent revenir sur Terre le 22 novembre. L’Expédition 30 débutera alors officiellement avec Burbank, Shkaplerov et Ivanishin qui resteront. Mais il faudra attendre le 26 décembre pour que celle-ci soit au complet avec l’arrivée en Soyouz TMA-03M de l’Américain Donald Pettit, du Russe Oleg Kononenko et du néerlandais de l’Agence Spatiale Européenne André Kuipers. Nous aurons dès lors 6 pirates dans l’ISS ! Oui, regardez bien, le poster de cette Expédition est un évident clin d’œil à une autre production Disney : la saga cinématographique des Pirates des Caraïbes. Et le moins que l’on puisse dire est que le commandant Dan Burbank (au milieu) incarne un très convaincant Jack Sparrow ! Néanmoins, les astronautes se sont intitulés «Pilots over the Caribbean» (pilotes au-dessus des Caraïbes). Notez la présence de la tête de Robonaut 2 au milieu du titre, la fusée Soyouz sur le ruban de Jack Sparrow (pardon, de Dan Burbank !) tandis que Kuipers arbore sur son bras un tatouage qui est l’emblème officiel de l’Expédition. Emblème qu’on retrouve sur le chapeau de Kononenko.
Vers le mois de mars 2012, une nouvelle relève par moitié de l’équipage de la Station aura lieu. Burbank, Shkaplerov et Ivanishin retourneront sur Terre tandis que Pettit, Kononenko et Kuipers resteront là-haut et seront rejoints par l’Américain Joe Acaba et les Russes Gennady Padalka et Sergei Revin. Une autre saga cinématographique est à l’honneur : celle des Transformers, ces robots venus de l’espace et qui s’affrontent sur notre planète. Logiquement Robonaut 2 occupe une grande place dans ce clin d’œil aux productions de DreamWorks (la compagnie de Spielberg) et Paramount. Mais attention, petite subtilité, le titre n’est pas Transformers, mais Transporters (les transporteurs), une allusion au fait que plusieurs cargos automatiques visiteront la Station pendant cette Expédition, notamment l’ATV européen et peut-être la première capsule cargo privée de SpaceX.
La page «Download NASA Sounds» ou comment faire sonner spatial votre téléphone. Crédit : NASA/Enjoy Space
Les téléphones portables se sont débarrassés de la classique sonnerie ou de la petite mélodie synthétique et sans saveur d’avertissement d’un appel depuis désormais un moment. Mais entre un extrait du dernier tube à la mode, un chien qui aboie, un hurlement d’horreur ou des bruits bien plus incongrus, il est parfois difficile de faire un choix original ou qui vole haut... Et justement, pour un peu partir vers les étoiles à chaque fois qu’une personne tente de vous contacter sur votre portable, la NASA propose toute une palette de sons téléchargeables gratuitement sur cette page web. Les fichiers sont au format MP3, afin d’être utilisables sur la plupart des smartphones du marché, ou M4R pour l’iPhone d’Apple. Au menu : des phrases célèbres du programme Apollo ou de l’épopée des navettes avec par exemple le rugissement du décollage d’Atlantis pour la mission STS-135 (la dernière) ou encore le bip-bip historique de Spoutnik. Étant donné que sur la majorité des smartphones on peut assigner une sonnerie spécifique à un numéro particulier, nous vous laissons la responsabilité de déterminer à qui vous attribuerez le célébrissime «Houston, we’ve had a problem» (Houston, on a eu un problème)... Cliquez sur ce lien pour l’entendre.
Les pages web «projet lunaire» de Domino Pizza regorgent de ressources (textes, vidéos, dessins) à propos de la future base envisagée et des moyens de livrer les clients. En bref, tous les ingrédients pour un buzz marketing efficace basé sur la conquête spatiale. En cliquant sur l’image, vous serez dirigés sur le site. Crédit : Domino's Pizza
Une franchise internationale spécialisée dans les pizzas à domicile a annoncé son intention d’ouvrir un établissement sur la Lune. Il s’agit bien évidemment d’une campagne marketing et, en l'occurrence, destinée avant tout aux consommateurs japonais. Ci-dessous, dans une vidéo, Scott Oelkers, le patron de la firme au Japon explique son plan ambitieux.
Mais même si un site web spécifique expose en détail la base lunaire envisagée (vidéos, dessins, fausses conférences, etc.), la campagne marketing a pris un nouveau tournant : Scott Oelkers affirme désormais que les actionnaires ont calculé que le coût d’une telle installation sur notre satellite naturel était prohibitif. Voir la vidéo ci-dessous.
Ainsi, le prix d’une pizza lunaire est-il estimé à 218.540.434 yens, soit un peu plus de 2 millions d’euros, afin de pouvoir amortir les investissements ! Une astuce publicitaire qui sert surtout à souligner le fait que le tarif des pizzas Domino ne change pas... sur Terre bien évidemment...
C’est la fusée mythique par excellence, celle qui a lancé Spoutnik, le premier satellite, et Gagarine, le premier homme dans l’espace. Le Centre Spatial Guyanais (CSG), est désormais l’une de ses bases de lancement : un accomplissement historique.
45 ans après la diffusion du premier épisode de la célèbre série de science-fiction, les aventures du capitaine Kirk et de ses coéquipiers inspirent plus que jamais l’agence américaine, ses astronautes et son personnel et plus largement les professionnels de l’espace dans le monde entier.
Il y a 50 ans, le 5 mai 1961, quelques semaines après Gagarine, l’Américain Alan Shepard atteignait l’espace. Quelques années plus tard, il marchera sur la Lune résumant en quelque sorte la course qui opposait l’Union Soviétique et les États-Unis.